L'Eurogroupe demande davantage à Paris et Rome sur les déficits

lundi 8 décembre 2014 19h14
 

par Ingrid Melander et Francesco Guarascio

BRUXELLES, 8 décembre (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro ont demandé lundi à la France et à l'Italie de prendre rapidement des mesures supplémentaires pour contenir leurs déficits budgétaires dans les limites des règles européennes, tout en n'excluant pas de leur laisser des marges de manoeuvre.

Réunis à Bruxelles pour discuter de leurs projets de budgets pour 2015, les ministres de l'Eurogroupe ont accordé une attention particulière à la France et à l'Italie, souçonnées de ne pas entreprendre d'efforts suffisants pour réduire leurs déficits.

Le gouvernement français est particulièrement visé puisqu'il n'a pas tenu ses engagements pour 2014 alors qu'il a bénéficié l'année dernière d'un délai de deux ans pour ramener le déficit de la France dans les clous européens en 2015, c'est-à-dire sous le seuil des 3% du produit intérieur brut (PIB).

La Commission européenne, gardienne des règles de l'UE, a reporté toute décision au mois de mars. Si les réponses de la France et de l'Italie sont alors jugées insuffisantes, la première pourrait être exposée à une amende tandis que la seconde risquerait une procédure pour déficit excessif.

Aux termes du pacte de stabilité et de croissance, les pays européens doivent réduire leur déficit structurel, c'est-à-dire hors effets de la conjoncture, de 0,5 point de PIB chaque année jusqu'à parvenir à un équilibre ou un excédent budgétaire.

Pour la France, l'effort demandé en juin 2013 a été de 0,8 point de PIB aussi bien en 2014 qu'en 2015. L'ajustement sera certainement plus proche de 0,1 point cette année avant 0,3 point l'année prochaine.

Dans un communiqué, l'Eurogroupe dit partager l'analyse de la Commission sur la non-conformité du budget français au regard du pacte de stabilité et il estime que "des mesures additionnelles seront nécessaires pour montrer une amélioration de l'effort structurel".

Ministre français des Finances jusqu'en avril dernier, le nouveau commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a souligné que toutes les hypothèses restaient ouvertes pour l'évaluation que doit rendre l'exécutif européen en mars, y compris une amende à l'encontre de Paris. Il a toutefois souligné que les règles européennes n'étaient pas faites pour sanctionner les Etats membres mais pour les inciter à agir.   Suite...