L'UE responsable de l'échec de South Stream, dit Viktor Orban

vendredi 5 décembre 2014 15h49
 

BUDAPEST, 5 décembre (Reuters) - Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a accusé vendredi l'Union européenne d'avoir fait échouer le projet de gazoduc South Stream dont le groupe russe Gazprom a annoncé l'abandon lundi, apparemment en raison de la crise ukrainienne qui a accentué les tensions entre Moscou et les Occidentaux.

Le projet South Stream, d'un coût de 40 milliards de dollars, devait permettre l'acheminement de gaz russe sous la mer Noire et via la Bulgarie, la Serbie et la Hongrie pour atteindre l'Autriche en contournant l'Ukraine.

Les adversaires de Viktor Orban estiment que l'abandon de ce projet constitue un échec personnel pour le chef du gouvernement hongrois sans toutefois être d'une incidence suffisante pour mettre en cause son pouvoir.

"L'Union européenne n'a cessé de travailler à saper ce programme", a déclaré Orban sur une radio hongroise.

Le Premier ministre a présenté le projet South Stream comme un combat de David contre Goliath entre la Hongrie, ancien satellite de l'Union soviétique entré dans l'UE en 2004, et le reste du monde.

Orban a précisé que son pays cherchait actuellement des solutions de remplacement pour ses approvisionnements en gaz, dont des achats à l'Azerbaïdjan.

Pour Bernadett Szel, parlementaire appartenant au petit parti d'opposition LMP, l'abandon du projet démontre que Viktor Orban a eu tort de miser sur un renforcement des liens avec la Russie de Vladimir Poutine.

"Viktor Orban a tout fait, il a ignoré tous les principes, toutes les considérations rationnelles et les intérêts communs avec nos alliés pour nouer de bonnes relations avec Poutine", a expliqué Szel. "Mais dès que ses intérêts l'ont imposé, Poutine a retiré le projet en un clin d'oeil".

La Commission européenne a fait savoir que des discussions se poursuivront mardi prochain malgré la décision de Gazprom. Le gazoduc est censé acheminer 63 milliards de mètres cubes de gaz russe par an vers l'Europe, soit plus de 10% de la demande européenne.

(Gergely Szakacs; Pierre Sérisier pour le service français) ;))