France-Une figure de la CGT appelle Lepaon à la démission

vendredi 5 décembre 2014 12h47
 

PARIS, 5 décembre (Reuters) - Jean-Pierre Mercier, le délégué CGT de PSA, appelle à la démission de Thierry Lepaon, le secrétaire général du premier syndicat de France visé par plusieurs affaires, dont celle de son appartement de fonction.

C'est la première fois qu'un syndicaliste de premier plan s'exprime publiquement à ce sujet.

C'est "intenable et éc÷urant pour tous les militants d'entreprises qui tous les jours se battent quotidiennement à côté des salariés contre les patrons, qui en bavent, qui sont en première ligne, qui sont dans les tranchées", a-t-il dit vendredi sur RTL.

"Là, aujourd'hui, j'ai même pas envie de m'adresser à lui. Si j'étais vraiment obligé, je lui dirais que pour le bien de tous les militants d'entreprise, tous les syndiqués, qu'il laisse la place, ça ferait du bien à tout le monde", a-t-il ajouté.

Une réunion informelle de la direction de la CGT a été convoquée pour ce vendredi afin de tirer les enseignements de ces différentes affaires, alors que se déroulent les élections dans la fonction publique.

Thierry Lepaon pourrait choisir de partir de lui-même lors d'une réunion prévue mardi prochain de la commission exécutive, élargie à une cinquantaine de membres.

A défaut, une décision sur son sort pourrait être renvoyée à une réunion, début février, du Comité confédéral national (CCN), le "parlement de la CGT", qui rassemble tous les secrétaires généraux de ses unions départementales et de ses fédérations.

Aux frais d'aménagement du domicile et du bureau de Thierry Lepaon s'est ajoutée l'indemnité de départ qu'il a touchée en 2013 quand il a quitté la tête du comité régional CGT de Normandie pour succéder à Bernard Thibault. Les Echos font état mercredi d'une somme de 100.000 à 200.000 euros.

"Il est clair que ça choque de plus en plus de monde. Ça ne devient plus tenable d'être un dirigeant de la CGT quand on a un tel train de vie personnel", a confié à Reuters un dirigeant de fédération, pour qui la situation de Thierry Lepaon "devient de plus en plus problématique". (Gérard Bon, édité par Sophie Louet)