L'UE pourrait renoncer à la scission forcée des banques

vendredi 5 décembre 2014 12h05
 

par Huw Jones

LONDRES, 5 décembre (Reuters) - L'Union européenne pourrait renoncer purement et simplement à obliger les banques à séparer leurs activités les plus risquées du reste de leurs actifs en raison de l'opposition de plusieurs de ses Etats membres.

Jonathan Hill, le nouveau commissaire, britannique, chargé des services, a écrit dans une lettre à Frans Timmermans, le premier vice-président de l'exécutif communautaire, qu'il était nécessaire d'évaluer la réalité des progrès envisageables sur ce dossier.

La séparation forcée des activités de trading les plus risquées des banques permettrait, selon ses promoteurs, de prévenir la contagion en cas de crise financière et de protéger les déposants.

Mais cette proposition, controversée dès le départ, a fait peu de progrès à Bruxelles, certains pays membres de l'UE et la Banque centrale européenne (BCE) estimant que sa mise en oeuvre pourrait perturber le fonctionnement des marchés et handicaper le financement de l'économie.

La Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France, qui regroupent la majeure partie des actifs bancaires de l'Union, ont dans l'intervalle entrepris chacune de leur côté d'appliquer une réforme du secteur bancaire.

Abandonner le projet de l'UE "pourrait être une option l'an prochain si le soutien des pays membres ne remonte pas", écrit Jonathan Hill dans sa lettre à Frans Timmermans, dont Reuters a pris connaissance.

Il juge toutefois "prématuré" de retirer dès maintenant le projet.

Le Parlement européen, généralement plus dur que la Commission sur ce type de dossier, s'opposerait sans doute à un abandon définitif du projet.   Suite...