L'Europe en force sur le marché chinois du lait maternisé

mercredi 3 décembre 2014 13h48
 

par Adam Jourdan et Martinne Geller

SHANGHAI/LONDRES, 3 décembre (Reuters) - Le trèfle irlandais bien visible sur les boîtes de lait maternisé du géant chinois du secteur Beingmate vise à rassurer les consommateurs sur l'origine du principal constituant du produit après l'alerte alimentaire encore dans toutes les mémoires en Chine et qui avait impliqué la Nouvelle-Zélande, premier exportateur mondial de lait.

Jusqu'à l'année dernière, la provenance néo-zélandaise d'un lait maternisé était considérée comme un gage de qualité en Chine où les scandales alimentaires sont fréquents et où du lait maternisé produit localement avait provoqué la mort d'au moins six nourrissons en 2008.

Cette réputation a été sérieusement écornée lorsque le groupe agroalimentaire néo-zélandais Fonterra a dit que certains de ses produits pourraient avoir été contaminés par des bactéries.

Bien qu'il se soit agit d'une fausse alerte, les producteurs de lait maternisé ont réduit leurs approvisionnements en provenance de Nouvelle-Zélande, préférant mettre en avant l'origine européenne de leur lait.

"La préférence, pour l'instant, est passée de la Nouvelle-Zélande à l'Europe", a déclaré un dirigeant basé en Chine d'une grande multinationale produisant du lait maternisé, qui a requis l'anonymat. Mettre en avant la provenance européenne rend le produit plus attrayant pour les consommateurs chinois, a-t-il ajouté.

En leur donnant ce qu'ils attendent, les producteurs locaux comme internationaux ont de meilleures chances de se développer sur un marché du lait maternisé chinois dont le cabinet de consultants Euromonitor s'attend à ce qu'il double de taille en quatre ans pour atteindre 62 milliards de dollars (50 milliards d'euros) de facturations en 2017.

Le lait maternisé est aussi un moyen de pénétrer le marché chinois des produits laitiers dont il est attendu qu'il devienne le premier au monde en 2017.

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