LEAD 1-La Grèce refuse les dernières conditions de la "troïka"

mardi 2 décembre 2014 23h35
 

(Actualisé avec commentaires du Premier ministre grec)

ATHÈNES, 2 décembre (Reuters) - La Grèce a rejeté l'alourdissement de sa fiscalité et les baisses de revenus demandés par ses bailleurs de fonds internationaux, a annoncé mardi le Premier ministre Antonis Samaras mardi, jugeant que ces mesures auraient un impact désastreux pour le pays qui émerge d'une profonde récession.

Le gouvernement grec est engagé dans des négociations difficiles avec les inspecteurs de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI) qui ont décidé de ne pas envoyer à Athènes au début du mois une mission d'inspection initialement prévue.

Des divergences persistantes font douter que les deux parties puissent se mettre d'accord d'ici la date limite du 8 décembre et permettre ainsi à la Grèce une sortie anticipée, avant la fin de l'année, de son programme d'aide international.

"La Grèce a déjà beaucoup fait", a déclaré le Premier ministre lors d'une conférence économique.

"Alors que nous négocions notre dernière évaluation, nos créanciers ont fixé des conditions comprenant des hausses d'impôts et des baisses de revenus mais nous les avons rejetées", a ajouté Antonis Samaras.

Il a ajouté que le gouvernement avait accepté en contrepartie quelques autres mesures, sans plus de détails.

Athènes et ses créanciers sont en désaccord sur le montant du déficit budgétaire projeté pour l'an prochain.

Une augmentation de la TVA sur les hôtels et des réformes des retraites figurent parmi les mesures en discussion, ont précisé des responsables du gouvernement.

Si les estimations du gouvernement grec prévoyant un budget à l'équilibre en 2015 s'avèrent fausses, Athènes prendra des mesures supplémentaires au milieu de l'an prochain, a dit Samara, ajoutant que l'incertitude politique pesait sur les négociations et représentait le plus gros problème du pays.

Le gouvernement grec joue sa survie sur la sortie du plan d'aide international. Il espère qu'une sortie anticipée l'aidera à passer l'obstacle de l'élection présidentielle de février et lui épargnera des législatives anticipées. (Lefteris Papadimas et Renee Maltezou, Juliette Rouillon pour le service français)