Le Conseil d'Etat rejette le projet de LGV Poitiers-Limoges-presse

mardi 2 décembre 2014 15h23
 

PARIS, 2 décembre (Reuters) - Le Conseil d'Etat a rejeté le projet de ligne de TGV entre Poitiers et Limoges, un chantier que la commission "Mobilité 21" avait jugé non prioritaire pour les infrastructures en France, rapporte mardi la Mobilettre.

Selon cette publication consacrée à la mobilité, qui ne précise pas ses sources, le conseil d'Etat a rejeté la déclaration d'utilité publique (DUP) d'un chantier estimé en 2011 à 1,6 milliard d'euros. Ce refus intervient alors que les critiques contre un système TGV devenu trop coûteux se multiplient, notamment de la part de la Cour des comptes fin octobre.

Le conseil d'Etat s'est refusé à tout commentaire.

Le projet comprend 112 kilomètres de ligne à grande vitesse et vise à désenclaver le centre de la France en plaçant Limoges et Brives-la-Gaillarde respectivement à deux heures et trois heures de Paris. Après cinq ans d'études et de concertation, la future ligne avait reçu en septembre 2013 un avis favorable de la commission d'enquête.

Pour que le projet puisse encore se concrétiser, la déclaration d'utilité publique doit être octroyée le 12 janvier prochain au plus tard.

L'abandon de la ligne, ou son report, répondrait à la nouvelle philosophie en matière de transports ferroviaires qui gagne du terrain chez les responsables politiques. En juin 2013, un rapport commandé par le gouvernement n'avait retenu des grands chantiers du Grenelle de l'environnement de 2007 que deux lignes de TGV parmi les chantiers prioritaires. Dans un contexte budgétaire contraint, il recommandait de mettre plutôt l'accent sur les dessertes de proximité et l'amélioration du réseau existant.

Seules deux lignes à grande vitesse avaient trouvé grâce aux yeux de la commission "Mobilité 21", Bordeaux-Toulouse et Roissy-Picardie. Les deux derniers grands chantiers de LGV attribués ont été lancés en 2011: la ligne Tours-Bordeaux, confiée à Vinci, et la desserte Bretagne-Pays de Loire, remportée par Eiffage. (Gilles Guillaume, avec Grégory Blachier, édité par Jean-Michel Bélot)