Une nouvelle surenchère sur Club Med serait "dangereuse"-PDG

mardi 2 décembre 2014 08h53
 

PARIS, 2 décembre (Reuters) - Une nouvelle surenchère du financier italien Andrea Bonomi sur le Club Méditerranée serait dangereuse pour le groupe de loisirs qui souffre déjà de la durée exceptionnelle de l'OPA dont il est l'objet, a déclaré mardi son PDG Henri Giscard d'Estaing sur BFM Business.

Soutenu par le management de Club Med, le milliardaire chinois Guo Guangchang, propriétaire de Fosun, a lancé lundi une nouvelle surenchère sur la société à 23,50 euros par action, dernière étape en date d'une homérique bataille qui l'oppose à l'homme d'affaires italien Andrea Bonomi pour le contrôle du groupe de loisirs.

S'il souhaite répliquer, ce dernier a jusqu'au 17 décembre, 18h00, pour présenter une éventuelle nouvelle offre améliorée, selon le calendrier établi par l'Autorité des marchés financiers.

Interrogé sur l'éventualité d'un tel scénario, Henri Giscard d'Estaing a estimé qu'une nouvelle surenchère ferait peser des risques sur l'entreprise, notamment en termes d'emploi, en faisant valoir qu'Andrea Bonomi s'était allié au fonds américain KKR animé, selon lui, par une logique financière de court terme.

"Au niveau de prix qui est atteint, sans avoir la capacité à créer ces synergies, en étant dans une logique de court terme comme peuvent l'être d'ailleurs des investisseurs de type KKR, il est évident qu'elle serait dangereuse pour l'entreprise", a expliqué le PDG.

"La seule façon de rentabiliser à court terme un investissement sur le modèle du Club Med ce sont ces coupes massives de coûts et des ventes massives d'actifs", a-t-il ajouté.

Le PDG a souligné que la bataille de surenchères dont le Club Med est l'objet pesait sur l'entreprise.

"L'incroyable durée de L'OPA que nous avons subie fait qu'aujourd'hui la société souffre", a-t-il souligné, expliquant que certains développements étaient ralentis, les partenaires du groupe de loisirs s'interrogeant sur son avenir.

Interrogé sur la possibilité d'un rapprochement entre les camps Fosun et Bonomi, le PDG a par ailleurs estimé dans les Echos qu'il n'existait pas selon lui "d'opposition entre les hommes", rappelant qu'il avait été à l'origine d'une tentative en ce sens il y a quelques mois.

"En revanche il y a une opposition de projets", a-t-il dit dans un entretien au quotidien.

"L'arrivée de KKR témoigne d'une logique financière et de court terme. Le projet Fosun est totalement différent. C'est un projet industriel de long terme", a-t-il ajouté. (Gwénaëlle Barzic, édité par Jean-Michel Bélot)