Intesa plus intéressée par la totalité que par une partie de Coutts

vendredi 28 novembre 2014 18h00
 

par Silvia Aloisi

MILAN, 28 novembre (Reuters) - Intesa Sanpaolo envisagera sérieusement de formuler une offre sur Coutts, filiale de gestion de fortune de Royal Bank of Scotland, si celle-ci est mise en vente en sa totalité, la banque italienne étant moins intéressée par ses seules opérations internationales.

Dotée d'un trésor de guerre de 16 milliards d'euros, la première banque italienne veut se développer dans la banque privée et la gestion d'actifs, surtout en Suisse, en Asie, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

Pour ce faire, l'administrateur délégué Carlo Messina regarde du côté des activités internationales de Coutts, mises en vente par RBS en août, mais il a dit vendredi qu'elles étaient un actif moins intéressant que la totalité de la filiale.

"Si la totalité était mise en vente, j'envisagerais la chose sérieusement", a-t-il dit à la presse. "Les actifs internationaux sont moins intéressants parce qu'ils ne vous donnent pas la marque en plus".

Coutts, fondée au 18e siècle et surtout connu comme étant le banquier de la reine Elizabeth II, doit envoyer des documents d'information aux candidats éventuels et attend une première série de propositions d'ici la fin de l'année, a dit cette semaine une source proche du dossier.

La banque privée suisse Julius Baer a exprimé en septembre son intérêt pour Coutts International.

Selon certaines sources, la cession pourrait atteindre le milliard de dollars.

Au vu de taux d'intérêt ultra-bas, Intesa, comme sa concurrente UniCredit, cherche à augmenter ses profits en se développant dans la gestion de fortune en Italie et ailleurs, un segment aux lucratives commissions.

"Nous recherchons des pays triple A, sans risque géopolitique", a dit Messina, rompant avec une stratégie qui a amené la banque à s'aventurer par le passé dans des pays tels que l'Ukraine et la Hongrie. "Je ne considère pas que l'Europe centrale et orientale soit une zone de croissance importante".

Messina anticipe enfin en l'espace d'un an une vague de fusions au sein des banques coopératives italiennes, susceptible de déboucher sur la création d'un concurrent local de taille pour Intesa et UniCredit. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)