Brésil-Le nouveau ministre des Finances se veut réaliste

jeudi 27 novembre 2014 19h43
 

BRASILIA, 27 novembre (Reuters) - Le Brésil se fixera pour les trois prochaines années des objectifs plus réalistes en terme d'assainissement budgétaire, a déclaré jeudi le nouveau ministre brésilien des Finances, Joaquim Levy, visiblement déterminé à restaurer la confiance des investisseurs dans une économie fragilisée.

Lors de sa première intervention publique après sa nomination officielle par la présidente Dilma Rousseff, il a déclaré que le gouvernement visait pour 2015 un excédent budgétaire primaire équivalant à 1,2% du produit intérieur brut (PIB), et plus 2% à 2,5%.

L'excédent primaire, c'est à dire le solde budgétaire hors charge de la dette, ne devra pas être inférieur à 2% du PIB en 2016, a-t-il ajouté.

Joaquim Levy, un ancien dirigeant de la banque Bradesco , est connu pour son attachement à l'orthodoxie budgétaire et il pourrait revenir sur certaines des coûteuses mesures de relance mises en oeuvre ces dernières années.

Sa priorité, aux yeux des investisseurs, sera de ramener l'ordre dans les finances publiques, dont le dérapage pourrait compromettre la notation souveraine en catégorie d'investissement dont bénéficie le Brésil.

Joaquim Levy a joué entre 2003 et 2006, alors qu'il était directeur du Trésor, un rôle important dans l'obtention de cette note "investment grade", et rare sont ceux qui connaissent aussi bien que lui les finances publiques de la première économie d'Amérique latine.

Mais sa réussite à la tête du ministère des Finances dépendra en partie de la liberté que lui accordera Dilma Rousseff, avec laquelle ses relations n'ont pas toujours été excellentes.

En 2005, alors qu'elle dirigeait le cabinet du président d'alors, Luiz Iñacio Lula da Silva, Dilma Rousseff avait ainsi qualifié de "rudimentaire" le plan d'assainissement budgétaire élaboré par Joaquim Levy.

"Nous considérons la décision de nommer Levy comme un signal politique dans le sens d'un ajustement plus rapide et plus marqué", a commenté Tony Volpon, analyste de Nomura, dans une note mercredi. (Alonso Soto et Luciana Otoni, Marc Angrand pour le service français)