24 novembre 2014 / 17:48 / il y a 3 ans

LEAD 1-Weidmann évoque des "obstacles juridiques" pour la BCE

(Actualisé avec contexte)

MADRID, 24 novembre (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) risque d'être confrontée à des "obstacles juridiques" si elle décide de se lancer dans des rachats d'obligations d'Etat, a averti lundi Jens Weidmann.

Ces déclarations du président de la Bundesbank allemande et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE illustrent une nouvelle fois son opposition à un programme de rachats de dette souveraine.

Mario Draghi, président de la BCE, a exprimé vendredi sa détermination à relever rapidement le taux d'inflation dans la zone euro, ce qui a été interprété par nombre d'investisseurs comme la promesse d'un programme de rachat de dettes souveraines, ou assouplissement quantitatif, dès 2015.

Interrogé à ce sujet lors d'une intervention à Madrid lundi, Jens Weidmann a répondu: "Au lieu de focaliser notre attention sur le plan de rachats nous devrions nous concentrer sur les moyens de trouver la croissance."

Il a averti qu'il serait difficile de renforcer les mesures existantes de lutte contre la faiblesse de l'inflation.

"Bien sûr, il y a d'autres mesures, qui sont plus difficiles, car elles n'ont pas été testées, car elles sont moins claires (...) et bien entendu, elles atteignent les limites légales de ce qu'il est possible de faire", a dit Jens Weidmann.

"Voilà pourquoi les discussions sont si animées", a-t-il ajouté, après avoir insisté sur les "obstacles juridiques élevés" auxquels se heurterait le financement d'un Etat par la BCE.

La Bundesbank n'est pas seule en Allemagne, première économie de la zone euro, à manifester son hostilité à des rachats de dettes souveraines par la BCE. Une grande partie de la classe politique allemande craint qu'une telle politique ne revienne à financer des pays incapables d'entreprendre des réformes censées renforcer la compétitivité de leur économie.

La Cour de justice de l'Union européenne a déjà été saisie d'un recours allemand concernant les opérations monétaires sur titres (OMT), un programme annoncé en 2012 par la BCE, mais jamais mis en oeuvre, consistant à racheter de la dette souveraine sur les marchés secondaires à condition qu'un Etat en fasse la demande.

La Cour européenne doit rendre son jugement au milieu de 2015. Auparavant, l'un de ses avocats généraux annoncera ses conclusions le 14 janvier. Or cette étape est essentielle car la juridiction européenne suit généralement ces avis.

Si elle valide même partiellement le recours allemand, la Cour pourrait encourager d'autres recours et entraver la capacité d'action de la BCE. (Sarah White, Bertrand Boucey et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)

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