24 novembre 2014 / 12:53 / il y a 3 ans

Florange est une bataille pour l'industrie française, dit Hollande

* Hollande estime avoir respecté sa parole

* ArcelorMittal dit avoir déjà investi 80% des sommes promises

* Martin veut rester vigilant

par Gilbert Reilhac

UCKANGE/FLORANGE, Moselle, 24 novembre (Reuters) - François Hollande est revenu lundi sur le site de Florange pour affirmer que le combat pour le reclassement des sidérurgistes lorrains était aussi celui pour l'industrie française, estimant avoir tenu ses promesses de modernisation du site.

Le président, qui honorait une promesse faite il y a un an, au lendemain de la bataille perdue pour sauver les derniers hauts-fourneaux de Lorraine, s'est d'abord rendu à Uckange, sur le site de la plate-forme de recherche et de développement industriel dont il avait annoncé la création en septembre 2013.

"Nous avons conscience que c'est en Lorraine que se traite aussi la bataille de l'industrie. L'industrie en France a été trop longtemps négligée", a-t-il dit dans les anciens magasins généraux du haut-fourneau U4 de Uckange, fermé en 1991, où cette plate-forme, MetaFensch, sera opérationnelle d'ici un an.

"Ce n'est pas sur le coût du travail qu'on fera la différence, c'est en étant meilleur sur le plan du savoir-faire, de la technologie et de la recherche."

Le combat des syndicalistes de Florange, qui n'avaient pas épargné son gouvernement lorsqu'il avait refusé la nationalisation temporaire du site d'ArcelorMittal a été, selon lui, "un coup de semonce".

Le chef de l'Etat était entouré des représentants de plusieurs entreprises partenaires de MetaFensch telles que Safran, Eramet, Derichebourg ou Ascometal.

Les projets retenus, qui visent une industrialisation et potentiellement des créations d'emploi dans un délai de deux à trois ans, porteront sur le recyclage des métaux et la production de poudre métallique pour l'impression 3D.

L'Etat investira 20 millions d'euros dans la plate-forme et jusqu'à 50 millions au total pour accompagner les projets dans leur développement.

"UNE PAROLE RESPECTÉE", DIT HOLLANDE

François Hollande s'est ensuite rendu à Florange pour une rencontre avec les syndicats, en l'occurrence la CFDT et la CFE-CGC, seuls à avoir paraphé l'accord signé entre l'Etat et ArcelorMittal sur la fermeture des hauts- fourneaux.

Le cortège présidentiel a emprunté une entrée secondaire, évitant la cinquantaine de militants de la CGT qui manifestaient à l'entrée des "grands bureaux" pour rappeler que l'Etat avait été incapable d'empêcher la fermeture des hauts-fourneaux.

Le président s'est encore entretenu avec quelques-uns des 629 salariés touchés par l'arrêt de la filière liquide qui ont évoqué leur reclassement au sein de l'entreprise.

La baisse de l'effectif, tombé à 2.100 salariés dans l'établissement de Florange, s'est traduite par 368 reclassements internes et 257 départs à la retraite, quatre salariés suivant toujours une formation, selon ArcelorMittal.

Le premier sidérurgiste mondial, qui avait promis d'investir 180 millions d'euros sur cinq ans à Florange dans ses activités de transformation de l'acier pour l'automobile et le packaging a déjà lancé 80% des programmes concernés et l'investissement total sur la période pourrait atteindre 240 millions d'euros, a dit François Hollande.

Le chef de l'Etat a insisté sur l'importance du respect de la parole donnée "au plus haut niveau de l'Etat".

"Florange, c'est l'exemple de ce qu'a été une crise, de ce qu'a été un rebond, d'une parole qui a été prononcée et, d'une parole qui a été respectée. L'exemple de Florange vaut aussi pour la France", a-t-il déclaré à la presse.

Edouard Martin, ancien leader CFDT du combat syndical, devenu député européen affilié au groupe socialiste, a souligné que la fermeture des hauts-fourneaux de Florange resterait pour lui "et beaucoup d'autres une blessure ouverte".

Mais il reconnaît que des emplois ont été sauvés.

"Si nous n'avions pas fait la lutte qu'on a faite pendant deux ans, on ne serait pas là pour parler de tout ça. C'est le résultat aussi et surtout de la lutte syndicale", a-t-il dit. "Il faut maintenant asseoir dans le temps une usine comme celle de Florange parce que je ne fais toujours pas confiance à M. Mittal, parce que je ne sais pas si d'ici cinq, six ou sept ans, il n'aura pas de nouveau cette velléité de fermer le site." (Edité par Yves Clarisse)

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