UE-La chasse au rendement, obstacle au "project bond"-Moody's

mercredi 19 novembre 2014 17h23
 

PARIS, 19 novembre (Reuters) - Si la phase pilote de l'initiative européenne "obligations de projet 2020" a démontré sa faisabilité et suscité l'intérêt du marché, elle risque toutefois de se heurter aux investisseurs qui recherchent désespérément du rendement dans un environnement de taux d'intérêt historiquement bas, estime Moody's dans une étude publiée jeudi.

L'initiative permet à la Banque européenne d'investissement (BEI) de rehausser la qualité du crédit d'obligations émises par des sociétés qui entreprennent des projets d'infrastructures éligibles à ce programme.

Lancée en novembre 2012, cette phase pilote a suscité cinq projets.

Selon l'agence de notation, elle a démontré que les obligations avaient rempli les critères de qualité qui les rangeraient dans le haut de la catégorie IG, c'est-à-dire au niveau du simple "A". Dans la catégorie IG, chez Moody's, "Aaa" est la meilleure note et "Baa3" la plus basse.

"Si le rehaussement du crédit par la BEI rend les projets plus attractifs à un cercle élargi d'investisseurs institutionnels, d'autres investisseurs sont frustrés par les rendements qui en résultent", explique Andrew Davison, senior vice president chez Moody's et auteur du rapport.

La concurrence accrue entre banques et investisseurs institutionnels et les craintes de pénurie de transactions "investissables" pourraient aussi affecter l'initiative, ajoute-t-il.

Cependant, selon Andrew Davison, cette phase pilote s'est révélée intéressante pour les dirigeants politiques et des institutions financières dédiées au développement comme la Banque asiatique de développement qui cherche à développer des marchés de capitaux pour les travaux d'infrastructures.

L'initiative européenne était une réponse de la Commission à l'absence de disponibilité et de diversification de la finance de long terme à se tourner vers l'investissement dans les infrastructures en Europe.

Selon la Commission européenne, dit Moody's, plus de 1.000 milliards d'euros seront nécessaires d'ici à 2020 pour financer les investissements dans les réseaux transeuropéens de transport, d'énergie et d'information et de communications. (Raoul Sachs, édité par Jean-Michel Bélot)