Poutine ne laissera pas Kiev "détruire" ses opposants dans l'Est

samedi 15 novembre 2014 14h55
 

BERLIN, 15 novembre (Reuters) - La Russie ne laissera pas le gouvernement ukrainien "détruire" ses adversaires et ses opposants politiques dans l'est du pays, prévient Vladimir Poutine dans une interview accordée à la chaîne allemande ARD.

Dans cet entretien, enregistré jeudi soir à Vladivostok et qui sera diffusé dan son intégralité dimanche soir, le président russe ajoute que la couverture de la crise ukrainienne par les médias occidentaux est biaisée.

"La chose la plus importante est de ne pas avoir une vue unilatérale de ce problème", dit-il dans un extrait rendu public samedi par la chaîne allemande.

"Aujourd'hui, poursuit-il, des combats se déroulent dans l'est de l'Ukraine, le gouvernement ukrainien a déployé des troupes là-bas. Des missiles ont été tirés. Mais cela a-t-il été mentionné ? Non, il n'y a pas eu un mot à ce sujet."

"Cela signifie que vous (ndlr, les médias occidentaux), vous souhaitez que le gouvernement ukrainien détruise tout là-bas, y compris ses opposants politiques et ses adversaires. Est-ce ce que vous souhaitez ? En tout, nous, nous ne le voulons pas et nous ne laisserons pas cela se produire", continue-t-il.

Depuis les élections anticipées du 26 octobre boycottées par les séparatistes pro-russes de l'est de l'Ukraine, puis les élections organisées une semaine plus tard dans les républiques populaires autoproclamées de Donetsk et Louhansk, les deux fiefs des séparatistes, la situation s'est de nouveau tendue en Ukraine.

Kiev accuse la Russie d'avoir envoyé des soldats et des armes lourdes, dont des blindés et des pièces d'artillerie de gros calibre, pour aider les séparatistes à lancer une nouvelle offensive. L'Otan a confirmé ces mouvements de troupe et la mission d'observation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a jugé que le cessez-le-feu en vigueur depuis le 5 septembre était pratiquement caduc.

A Brisbane, où se tient le sommet du G20, la Russie, qui dément toute implication dans cette nouvelle escalade, s'est retrouvée sur le banc des accusés, au point que Vladimir Poutine pourrait boycotter la fin des travaux et anticiper son départ, a-t-on dit dans son entourage. (Erik Kirschbaum; Henri-Pierre André pour le service français)