LEAD 1-RWE-Report possible de la vente de DEA à un Russe

jeudi 13 novembre 2014 11h45
 

(Actualisé avec cours, commentaire du directeur financier)

FRANCFORT, 13 novembre (Reuters) - RWE, numéro deux allemand des services aux collectivités, a annoncé jeudi que la vente de sa filiale d'hydrocarbures DEA à un milliardaire russe prendrait plus de temps que prévu, une déclaration qui semble compromettre encore davantage cette transaction de 5,1 milliards d'euros.

"Nous ne pouvons dire si nous serons en mesure de mener les discussions à leur conclusion cette année", écrit Peter Terium, président du directoire de RWE, dans une lettre aux actionnaires.

"Nous travaillons d'arrache-pied à boucler cette opération dès que possible mais nous attendons encore quelques autorisations", a précisé à la presse son directeur financier Bernhard Gunther jeudi. "Il est donc vraiment difficile de dire si nous arriverons à conclure avant la fin de l'année."

RWE avait annoncé son intention de vendre DEA à l'oligarque russe Mikhaïl Fridman en mars dernier, le jour même où s'est tenu en Crimée un référendum sur le rattachement de ce territoire ukrainien à la Russie.

Depuis Moscou a annexé la Crimée et l'est de l'Ukraine est pour partie aux mains de rebelles pro-russes. De ce fait, les relations entre la Russie et l'Occident sont au plus bas, ce qui a conduit nombre d'analyster à penser que le vente de DEA à Mikhaïl Fridman ne se fera pas.

L'action RWE recule de 2,35% à 10h25 GMT, plus forte baisse de l'indice paneuropéen EuroStoxx 50 et de l'indice sectoriel des services collectifs qui cède 0,32%.

Endetté à hauteur de 30,71 milliards d'euros et désireux de disposer de liquidités pour investir dans de nouveaux relais de croissance, comme les énergies renouvelables, RWE, basé à Essen, compte beaucoup sur la vente de DEA pour entrer dans une nouvelle phase de son histoire.

DEA détient des parts dans 190 permis ou concessions de pétrole et de gaz en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Le Royaume-Uni représente environ un cinquième de la production de gaz de DEA et le directeur financier du groupe à annoncé que les actifs dans le pays valaient environ un milliard d'euros, un chiffre conforme aux estimations des analystes.

Le groupe a par ailleurs fait état d'une baisse de 31% de son résultat opérationnel, à 2,91 milliards d'euros, sur les neuf premiers mois de 2014, sous le coup de cessions d'actifs, de la baisse des prix de l'énergie et de températures élevées en Europe qui ont affecté l'ensemble du secteur. Les analystes interrogés par Reuters avaient anticipé 2,87 milliards.

Ailleurs dans le secteur, GDF Suez a également publié des résultats en recul sur les neuf premiers mois de 2014, pénalisés par la branche Energie Europe, et a ajusté à la baisse comme prévu une partie de ses objectifs annuels pour tenir compte de l'arrêt prolongé de deux réacteurs nucléaires en Belgique. (Christoph Steitz, Benoît Van Overstraeten et Juliette Rouillon pour le service français)