France-La déprime des patrons de TPE perdure

jeudi 13 novembre 2014 08h00
 

PARIS, 13 novembre (Reuters) - Le moral des patrons des 2,4 millions de très petites entreprises (TPE) françaises reste très dégradé, même si l'appréciation portée sur leur propre activité connaît un léger mieux, et une majorité d'entre eux s'attend à payer plus d'impôts en 2015, selon une enquête publiée jeudi.

Le baromètre trimestriel des TPE réalisé par l'Ifop pour le compte de Fiducial fait apparaître ainsi que 88% d'entre eux sont pessimistes sur la situation en France, soit trois points de plus que le précédent plus bas touché au deuxième trimestre.

Mais ils le sont un peu moins (61%, -3 points) sur l'activité de leur propre société.

Plus de la moitié des TPE (52%) ont accusé une baisse de leur chiffre d'affaires sur la période juillet-septembre contre 24% qui l'ont vu progresser. Le recul atteint en moyenne 8%, soit près d'un point et demi de plus que lors des deux trimestres précédents.

L'indicateur de situation financière des PME - le solde des TPE constatant une amélioration de leur situation financière et de celles enregistrant une dégradation -, a enregistré un léger mieux, à -28 après -32, au deuxième trimestre.

L'emploi a reculé pour le cinquième trimestre consécutif dans les TPE, le solde des créations/suppressions d'emploi sur les trois derniers mois se situant à -1,5. Les anticipations pour le trimestre en cours sont aussi en territoire négatif (-0,5).

La confiance des chefs d'entreprise dans l'exécutif reste très faible et le discours pro-entreprise de Manuel Valls ne prend pas, la cote du Premier ministre se situant à 18%, soit 15 points de moins que début 2014.

Alors que François Hollande s'est engagé à ne plus augmenter les impôts jusqu'à la fin du quinquennat, ils sont 66% à pronostiquer une hausse de leur fiscalité personnelle l'an prochain et 54% pour celle de leur entreprise.

Les petits patrons qui disent avoir bénéficié cette année du crédit impôt compétitivité d'emploi l'ont utilisé à 49% pour rééquilibrer leur trésorerie, loin devant les investissements de remplacements d'équipements (18%) ou de nouveaux équipements (15%). Ils sont 11% à citer la prévention de licenciements et 6% l'embauche d'un nouveau salarié.

L'enquête a été réalisée du 6 au 20 octobre auprès d'un échantillon de 1.001 dirigeants de TPE de 0 à 19 salariés (hors auto-entrepreneurs) interrogés par téléphone. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)