RPT-LEAD 1-Berlin pourrait modifier son plan de privatisations

mercredi 12 novembre 2014 16h45
 

(Actualisé avec précisions, contexte)

BERLIN, 12 novembre (Reuters) - Le gouvernement allemand envisage d'amender un document sur ses projets de réduction de ses participations dans plusieurs entreprises publiques, une fuite sur le contenu du rapport ayant irrité certains membres de la coalition au pouvoir.

Le cabinet de la chancelière Angela Merkel devait approuver mercredi le document du ministère des Finances proposant de céder des participations dans des groupes comme Deutsche Telekom , Deutsche Post et Deutsche Bahn.

Mais après la révélation mardi par Reuters du contenu de ce document, le cabinet a reporté son feu vert et un porte-parole du ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, a déclaré que des modifications devaient être apportées au texte du rapport.

"Globalement, ce que je peux dire est qu'il n'y a aucun projet concret de privatisation de Deutsche Telekom, Deutsche Bahn et Deutsche Post", a déclaré une porte-parole du gouvernement après la réunion du conseil des ministres.

Le rapport proposait des cessions d'actions de plusieurs entreprises, dont la plus sensible politiquement est la compagnie ferroviaire Deutsche Bahn.

Le gouvernement avait envisagé de réduire la participation de l'Etat dans Deutsche Bahn lors du premier mandat d'Angela Merkel mais il avait renoncé en raison de la crise financière. Toute cession dépendrait des conditions de marché, selon le document.

La coalition au pouvoir vise l'équilibre budgétaire en 2015, pour le première fois depuis 1969, et la cession d'actions y contribuerait dans le contexte actuel de ralentissement de l'économie.

Cela permettrait aussi de libérer des milliards d'euros pour engager des investissements publics alors qu'Angela Merkel subit des pressions de la part de ses partenaires européens et des patrons de l'industrie allemande pour soutenir l'économie et moderniser les infrastructures du pays.

L'Etat détient 31,7% dans Deutsche Telekom - dont 14,3% directement et 17,4% indirectement via la banque publique de développement KfW - et 21% dans Deutsche Post via KfW.

Ces ventes pourraient rapporter jusqu'à 24 milliards d'euros à l'Etat, qui pourrait toutefois n'en céder qu'une partie. (Matthias Sobolewski, Michael Nienaber et Madeline Chambers, Marc Angrand et Juliette Rouillon pour le service français)