LEAD 1-Défilé contre le gouvernement à Bruxelles, des incidents

jeudi 6 novembre 2014 18h09
 

(Actualisé avec incidents § 2-3, réunion dernier para)

BRUXELLES, 6 novembre (Reuters) - Environ 100.000 manifestants ont défilé jeudi dans le centre de Bruxelles pour dénoncer les projets de réformes et les mesures de rigueur du nouveau gouvernement de centre droit, entré en fonction il y a seulement un mois.

A l'issue de la manifestation, de violents incidents ont opposé les forces de l'ordre et des manifestants, dont de nombreux dockers. Plusieurs voitures ont été renversées ou incendiées.

La police a utilisé un canon à eau et du gaz au poivre contre les groupes de manifestants violents, dispersés après une charge des forces anti-émeute en fin d'après-midi. Il y a eu plusieurs blessés et des interpellations.

Cette journée de mobilisation, à l'appel des trois grands syndicats du pays, sera suivie par une série de grèves tournantes tous les lundis à compter du 24 novembre et d'une grève nationale le 15 décembre.

Le gouvernement du Premier ministre Charles Michel prévoit notamment de faire passer l'âge légal de départ à la retraite de 65 à 67 ans, dans le cadre d'un plan d'assainissement des finances publiques qui vise à l'équilibre budgétaire d'ici 2018.

Selon les syndicats, 120.000 personnes - dockers, métallurgistes, étudiants notamment - ont marché dans les rues de Bruxelles. La police fait état de 100.000 manifestants.

Les transports publics dans la capitale et dans plusieurs villes du pays ont été fortement affectés par ce mouvement.

Les socialistes, absents du gouvernement pour la première fois depuis vingt-six ans, accusent la politique gouvernementale de favoriser les riches.

"Il n'est pas normal que l'on fasse porter l'effort budgétaire sur les travailleurs, les allocataires sociaux, les pensionnés, les familles. Le gouvernement mène une politique déséquilibrée et injuste", a déclaré l'ancien Premier ministre socialiste Elio Di Rupo. "La mobilisation aujourd'hui montre que la population ne veut pas de cette politique-là, elle réclame un changement de cap."

Charles Michel a invité les représentants des trois grands syndicats (CSC, FGTB, CGSLB) à une réunion qui a débuté en fin d'après-midi. (Philip Blenkinsop et Robert-Jan Bartunek; Guy Kerivel pour le service français)