L'Eurogroupe étudie 3 options de sortie de l'aide à la Grèce

jeudi 6 novembre 2014 17h12
 

par Jan Strupczewski

BRUXELLES, 6 novembre (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro étudieront jeudi trois solutions pour soutenir la Grèce après qu'elle en aura fini avec son programme d'aide internationale en fin d'année, tentant de concilier la nécessité de rassurer les investisseurs et les exigences de politique intérieure grecque.

Le gouvernement grec joue sa survie sur l'éventualité de sortir de ce programme d'aide avec un an d'avance, perspective qui ne peut que plaire à une population mise à genoux par l'austérité imposée par le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union européenne (UE), mais qui effraye les marchés comme l'a prouvé la forte remontée des rendements obligataires grecs.

Le ministre des Finances grec Gikas Hardouvelis a dit mercredi à Reuters qu'il espérait que la Grèce bénéficie d'une période de transition d'un an au plus après la sortie du programme d'aide, durant laquelle elle serait toujours protégée par un "filet de sécurité" financier tout en n'étant plus "micro-managée" par ses bailleurs de fonds.

Après deux programmes d'aide internationaux d'une valeur totale de 240 milliards d'euros mis en oeuvre depuis 2010, la Grèce veut à nouveau se financer sur les marchés l'an prochain.

Le ministre des Finances français Michel Sapin a de fait déclaré jeudi, à son arrivée à la réunion de l'Eurogroupe, que la Grèce avait encore besoin de soutien, mais sous une forme différente.

Les trois solutions ont toutes en commun l'emploi d'une somme de 11 milliards d'euros qui avait déjà été débloquée pour recapitaliser les banques grecques mais qu'il n'a pas été nécessaire d'employer. Cette somme correspond actuellement à des obligations du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

La première solution prévoit de restituer cette somme au FESF, la Grèce sollicitant alors une ligne de crédit dite "Enhanced Conditions Credit Line" (ECCL) auprès du Mécanisme européen de stabilité (MES), le successeur du FESF.

La Grèce pourrait alors se prévaloir de ne plus être l'objet d'un programme d'aide et l'Eurogroupe pourrait augmenter le crédit au-delà de 11 milliards d'euros le cas échéant, crédit qui serait par ailleurs assorti de conditions d'exercice claires.   Suite...