Le trafic aérien en Europe touché par l'économie et la Russie

mardi 4 novembre 2014 15h59
 

BERLIN, 4 novembre (Reuters) - La faiblesse des économies européennes et les sanctions contre la Russie pèsent sur la demande pour le trafic aérien en Europe, montre le dernier rapport mensuel de l'Association internationale du transport aérien (Iata) publié mardi.

La demande mondiale pour le trafic aérien a augmenté de seulement 5,3% en septembre, contre 6,3% en août, en raison d'un contexte difficile.

"Il y a beaucoup de risques actuellement - la faible croissance sur des marchés clés en Europe et au Brésil, la menace potentielle représentée par Ebola sur la confiance du public vis-à-vis des compagnies aériennes et l'impact de l'instabilité politique dans diverses régions du monde", a expliqué le directeur général de l'Iata, Tony Tyler.

En raison des stratégies de couverture liée aux variations des cours pétroliers, les compagnies aériennes ne vont pas profiter dans l'immédiat de l'effet de la baisse des prix du kérosène, qui représente environ un tiers de leur coût de base.

"Cela pourrait même être un indicateur de difficultés à venir si le recul des cours est lié à une baisse de la demande pétrolière plutôt qu'à une surcapacité", a ajouté Tony Tyler.

Toutes les régions ont enregistré une croissance en septembre et le taux de remplissage au niveau mondial a augmenté de 0,2 points de pourcentage à 80,3% mais la croissance ralentit, précise l'Iata.

En Europe, la croissance a par exemple été de seulement 3,9% en septembre contre 7% au mois précédent, en raison notamment de la grève des pilotes d'Air France et de la détérioration des prévisions économiques.

Lufthansa, la première compagnie européenne par le chiffre d'affaires, a réduit son objectif de bénéfice 2015 à cause de la détérioration des perspectives économiques en Europe, y compris en Allemagne.

En Russie, la demande intérieure a ralenti à 5,6% en septembre contre 10,1% en août, un recul que l'Iata interprète comme le premier signe d'un ralentissement économique lié en partie à la crise ukrainienne et aux sanctions de Bruxelles contre Moscou.

"Les développements économiques positifs en Asie et aux Etats-Unis continuent de soutenir la rentabilité (des compagnies aériennes). Mais c'est un exercice d'équilibre délicat", a ajouté Tony Tyler.

L'Iata prévoit que les compagnies aériennes vont, au niveau mondial, dégager un chiffre d'affaires de 746 milliards de dollars (595,8 milliards d'euros) pour un résultat net de 18 milliards de dollars (14,3 milliards d'euros), soit une marge nette bénéficiaire de 2,4% en 2014. (Victoria Bryan, Claude Chendjou pour le service français, édité par Patrick Vignal)