La France défend l'indépendance de la BCE...face à l'Allemagne

mardi 4 novembre 2014 12h27
 

PARIS, 4 novembre (Reuters) - Le ministre français des Finances Michel Sapin a défendu mardi la Banque centrale européenne face aux pressions allemandes, une première dans un pays où l'indépendance de l'institution de Francfort, longtemps accusée d'être trop rigide, a toujours été regardée avec suspicion.

Face à la faible croissance et l'inflation extrêmement basse qui prévaut, "il y a une autorité en Europe qui a fait une bonne analyse, le bon diagnostic et qui a pris de bonnes décisions, la Banque centrale européenne", s'est félicité le ministre au cours d'un point de presse.

La BCE a baissé à deux reprises ses taux directeurs cette année, amenant le principal, le taux de refinancement, à un plus bas de 0,05%, et annoncé un programme de rachat d'obligations sécurisées ou adossées à des crédits, tout en indiquant qu'elle était prête à adopter d'autres mesures non conventionnelles si l'inflation restait trop longtemps à un bas niveau.

Mais ses décisions, qui ont eu pour première conséquence de faire baisser l'euro, n'ont jamais fait l'objet d'une unanimité au sein du conseil de la banque et ont suscité de nombreuses critiques outre-Rhin, la Bundesbank jugeant notamment que les taux de la BCE étaient trop bas pour l'économie allemande.

Prié de dire si de nouvelles mesures de la BCE pouvaient se heurter à une opposition allemande, Michel Sapin a répondu : "Je rappellerais que la Banque centrale européenne est un organisme indépendant et qu'il est interdit à toute personne d'avoir l'air de vouloir faire pression sur les décisions de la banque centrale indépendante."

Rappelant que le statut de la BCE avait été calqué sur celui de la Bundesbank pour la mettre à l'abri des pressions politiques, il a ajouté que ces principes devaient être respectés par "tout le monde".

"Pas de mise sous pression qui serait une mise en cause de l'indépendance de la Banque centrale européenne, et je peux le répéter même en allemand", a conclu le ministre. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)