LEAD 2-L'UE somme Rome de s'expliquer sur son budget 2015

jeudi 23 octobre 2014 19h03
 

(Actualisé avec Renzi, § 5)

ROME/BRUXELLES, 23 octobre (Reuters) - La Commission européenne a demandé à l'Italie d'expliquer les raisons qui ont conduit le pays à ne pas respecter les objectifs de réduction des déficits dans son projet de budget 2015, lit-on dans une lettre, publiée jeudi, de Jyrki Katainen, le commissaire à l'Emploi et à la Croissance.

Selon ce document, le projet de budget soumis à Bruxelles présente un "écart significatif" par rapport à l'objectif de l'Italie d'arriver à un budget équilibré en termes structurels, soit ajusté des effets des cycles économiques.

"Je vous écris pour vous demander les raisons qui ont conduit à ce que l'Italie prévoit de ne pas se conformer au Pacte de stabilité et de croissance en 2015", écrit Jyrki Katainen dans une lettre envoyée au ministre de l'Economie, Pier Carlo Padoan.

"Je voudrais également savoir comment l'Italie pourrait respecter ses objectifs relatifs au Pacte de stabilité et de croissance en 2015."

A son arrivée jeudi au sommet européen de Bruxelles, Matteo Renzi a cherché à dédramatiser. "Il est question d'un ou deux milliards d'euros" de coupes supplémentaires, a-t-il dit, ce qui ne serait selon lui qu'"un petit effort à faire pour l'Italie".

Le projet de budget, approuvé la semaine dernière par le gouvernement italien, repousse à 2017 l'équilibre du budget en termes structurels, le président du Conseil, Matteo Renzi, voulant relancer la croissance via des baisses d'impôts.

Avant même que la France et l'Italie n'aient officiellement transmis à la Commission européenne leur projet de budget 2015, des responsables européens avaient tenté de convaincre Paris et Rome de les modifier pour éviter un jugement négatif de Bruxelles.

Dans sa lettre, Jyrki Katainen, qui fait partie de la nouvelle Commission européenne approuvée mercredi par le Parlement européen, dit rechercher "un dialogue constructif avec l'Italie en vue de parvenir à une évaluation définitive" et demande une réponse à ses questions d'ici vendredi soir.

Matteo Renzi avait cherché mercredi à minimiser la portée de la "lettre de l'UE" en soulignant qu'elle faisait partie du dialogue "naturel" sur les règles budgétaires communes. Mais il avait aussi prévenu que l'Italie était un "acteur" de l'Union européenne et qu'elle n'accepterait "aucun diktat". (Steve Scherer et Francesco Guarascio; Benoît Van Overstraeten, Marc Joanny et Guy Kerivel pour le service français)