Bourse-EDF plonge, incertitudes autour des actions de l'Etat

jeudi 16 octobre 2014 12h17
 

PARIS, 16 octobre (Reuters) - L'action EDF plonge jeudi midi à la Bourse de Paris, où le titre du producteur d'électricité français accuse l'une des plus fortes baisses de l'indice CAC 40 dans des volumes nourris, plombée par les incertitudes entourant l'actionnariat du groupe.

A 12h11, le titre recule de 5,80% à 21,595 euros dans des volumes représentant 1,9 fois leur moyenne quotidienne des trois derniers mois sur Euronext. La valeur se négocie à son plus bas niveau depuis septembre 2013 quand, au même instant, l'indice CAC 40 cède 2,73%.

Selon le quotidien Le Monde, l'Etat étudie une nouvelle ouverture du capital de l'électricien, après en avoir déjà cédé 15% en 2005.

L'Etat français prévoit de céder entre cinq et dix milliards d'euros d'actifs au cours des 18 prochains mois pour contribuer à son désendettement mais aussi réinvestir dans des secteurs prioritaires ou certaines entreprises qui ont besoin d'être accompagnées, a annoncé mercredi le ministre de l'Economie.

"Vendre du EDF est le seul moyen d'atteindre cet objectif", écrit le journal citant un "familier du dossier".

L'Agence des Participations de l'Etat (APE) détient notamment 84,49% d'EDF, 50,63% d'ADP, 10,97% d'Airbus et 22,41% de Safran.

"L'Etat français a besoin d'argent (...) On pense tout de suite à EDF, Safran, ADP ou Airbus qui sont un peu les 'usual suspects'", commente John Plassard, directeur adjoint de Mirabaud Securities.

"Mais EDF évolue dans un secteur sensible avec beaucoup trop de pression politique, d'autant qu'il y aussi la question des tarifs de l'électricité. Donc les personnes qui ont fait un peu d'argent dessus dans ce contexte trop incertain, préfèrent sortir de la valeur", ajoute-t-il.

Les tarifs réglementés de l'électricité doivent augmenter au minimum de 1,6% en 2014 en tenant compte du nouveau mode de calcul proposé par le gouvernement, a-t-on appris mercredi auprès de la Commission de régulation de l'énergie (CRE).

Personne n'était disponible dans l'immédiat aux ministères de l'Economie et des Finances ainsi qu'à l'APE pour un commentaire. (Alexandre Boksenbaum-Granier, avec Benjamin Mallet et Jean-Baptiste Vey, édité par Gilles Guillaume)