16 octobre 2014 / 08:04 / il y a 3 ans

LEAD 3-La BCE va assouplir ses règles pour les banques grecques

* Décote réduite sur les obligations grecques en garantie à la BCE

* Les banques auraient accès à 12 milliards supplémentaires

* La Bourse d'Athènes a encore perdu 2,22%

* Le rendement à 10 ans grec monte à près de 9% (Actualisé avec déclarations de la BCE, marchés)

par George Georgiopoulos et John O'Donnell

ATHENES/FRANCFORT, 16 octobre (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi l'assouplissement des critères appliqués aux titres que les banques grecques apportent comme garantie pour lui emprunter des liquidités, une mesure qui coïncide avec une forte baisse de la Bourse et des emprunts d'Etat à Athènes.

Cet accès facilité aux financements pour le système bancaire pourrait inciter le gouvernement grec à renoncer à s'affranchir prématurément de la tutelle du programme d'aide international, une perspective qui a contribué à la montée soudaine de l'aversion au risque sur les marchés européens ces derniers jours.

Confirmant des informations exclusives de Reuters, la BCE a déclaré qu'elle appliquerait une décote moins sévère au calcul de la valeur des obligations que les banques grecques apportent en collatéral pour accéder à ses financements. Cela revient à augmenter les liquidités qu'elles pourront lui emprunter.

Un porte-parole de l'institution a tenu à préciser que cette décision n'avait rien à voir avec la baisse récente des marchés.

Cette mesure ne restera valable que si la Grèce demeure dans le cadre d'un programme d'assistance, donc soumis à des contrôles stricts et réguliers.

Cette surveillance des inspecteurs de la "troïka" (Union européenne, BCE et Fonds monétaire international) suscite depuis le début de la crise un vif ressentiment dans l'opinion publique grecque.

Mais la volonté du gouvernement d'Antonis Samaras de s'affranchir du programme d'aide avec plus d'un an d'avance sur le calendrier initial et la menace d'élections anticipées préoccupent les investisseurs depuis plusieurs jours.

Jeudi, la Bourse d'Athènes a encore perdu 2,22%, portant à plus de 13% sa baisse en trois jours. L'indice bancaire local a lui abandonné 1,13% sur la séance et 14,6% depuis lundi. Le rendement des obligations grecques à 10 ans a dépassé 9%, au plus haut depuis décembre.

ATHÈNES SE DIT CONFIANT, FRANCFORT S'INQUIÈTE

Le ministre grec des Finances Gikas Hardouvelis a minimisé les turbulences sur les marchés, qui menacent de priver le gouvernement de toute possibilité de s'affranchir de la troïka.

"Je crois que nous pouvons le faire", a-t-il dit au parlement. "Si nous restons calmes, si nous nous concentrons sur nos objectifs, si nous avons le consensus politique le plus large possible, nous pouvons sortir de la crise, et bien plus rapidement qu'attendu."

"Ceux qui suivent les marchés savent que, très souvent, ils sont nerveux et excessifs dans leurs réactions."

Les banques grecques ont réduit leurs emprunts à la BCE de 2,0 milliards d'euros le mois dernier, à 42,46 milliards, mais restent très dépendantes de l'institution pour l'accès aux liquidités.

Selon un responsable grec, la décote réduite appliquée par la BCE leur assurera théoriquement un accès à 12 milliards d'euros supplémentaires.

Mais au-delà de l'enjeu financier, c'est aussi la situation politique grecque qui inquiète: Antonis Samaras, un conservateur, espère qu'une sortie rapide du plan d'aide peut redorer son blason.

Pour l'instant, il n'est pas assuré de pouvoir faire élire son candidat à la présidence de la République en février et un échec déboucherait sur la convocation de législatives anticipées. Or de récentes enquêtes d'opinion ont montré que celles-ci pourraient donner la victoire au parti de la gauche radicale Syriza, farouche opposant de la troïka.

Athènes a déclaré être en discussions avec ses partenaires de l'Union européenne en vue d'obtenir une ligne de crédit de précaution, qui pourrait jouer le rôle de filet de sécurité après la fin du plan d'aide.

Des responsables grecs ont dit espérer que cette ligne de crédit ne serait pas soumise à des conditions trop strictes mais il est peu probable qu'un tel scénario fasse l'unanimité en Europe. (Véronique Tison et Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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