Horlogerie-Patek Philippe indépendant "pendant encore 25 ans"

mardi 14 octobre 2014 16h03
 

GENEVE, 14 octobre (Reuters) - L'horloger suisse Patek Philippe, qui fête son 175e anniversaire, entend bien résister à la vague de consolidation dans le secteur pour rester indépendant "pendant encore 25 ans au moins."

Les géants français du luxe LVMH et Kering procèdent à des acquisitions pour se renforcer dans l'horlogerie et pouvoir concurrencer les grands du secteur que sont Swatch et Richemont.

Avec le rachat en juillet par Kering de la manufacture suisse Ulysse Nardin, il ne reste plus qu'une poignée de prestigieuses maisons indépendantes, dont Chopard, Roley, Audemars Piguet et Patek Philippe.

"Nous avons pris toutes les dispositions pour nous assurer que Patek Philippe reste indépendant pendant encore 25 autres années au moins", a déclaré son président honoraire Philippe Stern aux 300 invités présents au gala d'anniversaire, lundi soir à Genève. "Et j'espère pour beaucoup plus longtemps", a ajouté son fils Thierry, l'actuel président.

La marque est née en 1839 lors de l'installation à Genève de l'atelier de l'horloger polonais Antoine Norbert de Patek.

A l'occasion de cet anniversaire, la manufacture horlogère genevoise a dévoilé lundi soir une édition limitée: la Grandmaster Chime, une montre-bracelet avec cinq sonneries, qui sera fabriquée en seulement sept exemplaires.

Les analystes estiment les ventes annuelles de la marque Patek Philippe à environ un milliard de francs suisses (828 millions d'euros).

Lors d'une interview accordée lundi à Reuters, Thierry Stern a déclaré que les ventes de 2014 seraient similaires à celles de l'année dernière, voire légèrement supérieures.

Il a également fait part de son inquiétude concernant les impôts. Le canton de Genève, où est installé le siège de Patek Philippe, possède les taux d'imposition parmi les plus élevés du pays.

"J'ai constitué des réserves financières pour sauver Patek quand les temps sont vraiment durs. Nous ne pouvons pas payer toujours plus (d'impôts)", a-t-il dit, quelques mois après avoir menacé de quitter Genève si les impôts augmentaient.

(Silke Koltrowitz, Mathilde Gardin pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)