ENCADRE-Macron: "Nous avons six mois pour créer une nouvelle donne"

dimanche 12 octobre 2014 00h06
 

PARIS, 12 octobre (Reuters) - Le gouvernement français a six mois pour créer une "nouvelle donne" en France et en Europe et commencer à débloquer le pays, déclare le ministre de l'Economie dans une interview publiée par le Journal du dimanche.

L'Europe a besoin d'un "New Deal" et le moment est venu pour la France de "repartir à l'offensive", notamment pour obtenir une relance de l'investissement au niveau européen dès 2015.

"Mais la nouvelle donne européenne repose d'abord sur nous. La France doit faire le travail", fait valoir Emmanuel Macron. "La solution est avant tout chez nous, pas en accusant Bruxelles, Berlin ou l'étranger."

"Faire changer les choses, c'est toujours prendre un risque. C'est comme rentrer dans la Vallée de la Mort: jusqu'au dernier moment on ne sait pas quand on va en sortir", ajoute-t-il. "Mais la pire des erreurs est de faire marche arrière. Nous avons six mois pour créer une nouvelle donne en France et en Europe."

Emmanuel Macron, qui fut rapporteur de la commission Attali, chargée en 2008 par l'ancien président Nicolas Sarkozy de faire des propositions pour "libérer la croissance" en France, paraît s'en inspirer pour élaborer son projet de "loi pour l'activité", qui doit être présenté en conseil des ministre avant la fin de l'année.

"La solution est dans notre capacité à (...) libérer l'économie, donner la possibilité à ceux qui veulent travailler, créer, produire, de le faire beaucoup plus simplement", dit-il.

"Je compte lever des blocages très concrets", ajoute Emmanuel Macron, qui dit aussi vouloir "changer les mentalités" et lutter contre les corporatismes.

Il n'entre pas dans les détails mais confirme sa volonté de "moderniser" les professions réglementées, une idée déjà contenue dans le rapport Attali et à laquelle son prédécesseur à Bercy, Arnaud Montebourg, entendait aussi s'attaquer.

"Les professions réglementées ont touché le Cice (ndlr, le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi). Nous allons donc leur demander de se moderniser et de participer à l'effort collectif, dans la concertation", dit-il.   Suite...