Le débat sur l'austérité n'est plus de mise-Benoît Coeuré (BCE)

samedi 11 octobre 2014 01h29
 

WASHINGTON, 11 octobre (Reuters) - Le débat sur les politiques d'austérité en Europe est pratiquement clos, la plupart des pays européens ayant déjà entrepris d'assainir l'état de leurs finances publiques, a estimé vendredi Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne.

Ces quatre dernières années, les gouvernements de la zone euro ont été contraints sous la pression des marchés financiers de mettre en oeuvre des mesures d'austérité parce que les investisseurs estimaient que ces pays n'avaient plus les moyens d'assurer le service de leur dette publique.

"Pour de nombreux pays européens, l'ajustement budgétaire est terminé. Aussi, le débat sur l'austérité est pour l'essentiel derrière nous", a déclaré le Français lors d'une conférence à l'université Johns Hopkins à Washington.

"Il y a un certain nombre de pays qui n'ont pas fait cela, qui sont loin de leurs objectifs. Notre conseil pour eux est de ne pas utiliser la marge budgétaire qu'ils n'ont pas", a ajouté Benoît Coeuré.

Dans ce qui a semblé une allusion à la France, laquelle a annoncé qu'elle n'atteindrait pas ses objectifs et demandé plus de temps pour réduire ses déficits publics, Benoît Coeuré a déclaré que faire preuve d'indulgence pour ceux qui ne faisaient pas l'effort de se réformer serait injuste par rapport à ceux qui le font.

"Certains pays ont fait beaucoup d'efforts, ils ont réformé leur économie, ajusté leurs budgets. Cela a été difficile, c'est maintenant fait pour l'essentiel et ils commencent à en récolter les fruits en terme de confiance, de baisse du chômage. Aussi serait-il injuste d'accorder maintenant de la souplesse aux pays qui n'ont pas fait le même effort", a-t-il dit.

Pour les pays dont les mesures d'assainissement sont en cours, le banquier a recommandé de dépenser de façon plus avisée, de privilégier les dépenses d'investissements par rapport aux autres types de dépense. (Jan Strupczewski; Danielle Rouquié pour le service français)