** LE POINT SUR LES MARCHÉS à l'ouverture des Bourses en Europe **

vendredi 10 octobre 2014 09h42
 

PARIS/LONDRES, 10 octobre (Reuters) - Les Bourses européennes ont ouvert en
baisse vendredi, annonçant une quatrième séance de pertes d'affilée, les
inquiétudes croissantes sur la santé de l'économie mondiale pesant sérieusement
sur l'ensemble des marchés mondiaux.
    Le courant de ventes a été déclenché par la révision en baisse mercredi des
prévisions de croissance du Fonds monétaire international (FMI) et par une série
noire d'indicateurs allemands cette semaine.
    Selon deux sources de la coalition au pouvoir en Allemagne, Berlin annoncera
la semaine prochaine des prévisions de croissance de 2014 et de 2015 revues en
baisse. Une des sources a précisé que la nouvelle prévision de croissance serait
de l'ordre de 1,25% pour les deux années. 
    À Paris, l'indice CAC 40 cède encore 0,49% à 4.121,20 points vers
07h30 GMT. À Francfort, le Dax perd 0,6% et à Londres, le FTSE 
recule de 0,47%. L'indice EuroStoxx 50 de la zone euro lâche 0,35%
et l'Eurofirst 300 0,6%, ce dernier indice ayant perdu près de 7%
depuis mi-septembre et touché des plus bas de deux mois.
    "Les mauvais indicateurs économiques sont maintenant considérés comme étant
de mauvaises nouvelles et les gages de souplesse des banques centrales sont pris
comme des signes de faiblesse plutôt que comme une raison de pousser les actions
à la hausse", dit Jonathan Sudaria, trader chez Capital Spreads.
    La Bourse de Tokyo a reculé de 1,15% en clôture, tandis que l'indice MSCI
Asie-Pacifique hors Japon abandonne plus de 1,5%.
    Wall Street a fini en baisse de 2% jeudi, avec un S&P 500 à un plus
bas de deux mois et un indice Vix qui mesure la volatilité en hausse de
24,2% à son plus haut niveau depuis le début février.
    Les propos tenus jeudi par James Bullard, président de l'antenne de St.
Louis de la Réserve fédérale, qui s'est dit préoccupé par la divergence entre
les anticipations des marchés et le discours de la Fed sur le calendrier de la
hausse des taux d'intérêt, ont encore pesé sur le sentiment. Ces
déclarations contredisent le compte rendu de la dernière réunion de la Fed,
publié mercredi, qui avait rassuré en semblant écarter un relèvement rapide. 
    "Si les valeurs américaines rebondissent aujourd'hui, alors le marché
pourrait revenir au bon vieux sentiment que tout va s'arranger. Mais si elles
chutent pour la deuxième séance d'affilée, les marchés entreront sans aucun
doute dans une toute nouvelle phase", dit Daisuke Uno (Sumitomo Mitsui Banking).
    L'investisseur activiste Carl Icahn a estimé jeudi qu'une correction
boursière était "assurément" en marche. 
    La baisse a incité les investisseurs basés aux Etats-Unis a limiter leur
exposition aux actions européennes, qui ont subi leur plus forte décollecte en
deux mois dans la semaine au 8 octobre, selon Thomson Reuters Lipper. 
    Aux valeurs, STMicroelectronics perd 3,8% à Paris, plus forte
baisse du SBF 120, et Infineon cède 5,9% à Francfort. Le
fabricant américain de puces Microchip a perdu 8% jeudi soir après
Bourse à Wall Street après avoir fait état d'un chiffre d'affaires estimé
inférieur aux attentes au titre de son deuxième trimestre. 
    Alcatel-Lucent recule de 2,36% alors que l'américain Juniper
 a abaissé sa perspective de chiffre d'affaires du troisième trimestre.
    Le titre Technip (-3,9%), sur lequel Berenberg n'est plus à
l'achat, accuse le plus net recul du CAC, et Carrefour (+1,73%), sur
lequel HSBC est passé à l'achat, affiche la plus forte hausse de l'indice.
    Areva recule de 2,35%. Standard & Poor's a confirmé les notes de
crédit du groupe, mais abaissé sa perspective à "négative".    
    Le Brent poursuit sa dégringolade, sous la barre des 89 dollars le baril et
à ses plus bas depuis décembre 2010. Il se traite à 88,75 dollars.        
    Sur le marché des taux, les futures sur Bund allemand progressent. La
veille, le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans a touché un
creux de 16 mois à 2,2790% avant de rebondir sur des prises de profit.
    Le dollar se stabilise face à l'euro et au yen, mais la baisse des
rendements outre-Atlantique limite tout rebond de la devise américaine.
    
    * Tableau des principaux marchés mondiaux : 

 (Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)