L'investissement d'abord, dit le futur chef de l'économie de l'UE

vendredi 10 octobre 2014 01h25
 

par Jan Strupczewski

WASHINGTON, 10 octobre (Reuters) - L'Allemagne, la France et l'Italie, qui représentent le coeur de la zone euro, doivent privilégier l'investissement pour doper la croissance économique, estime le futur vice-président de la Commission européenne chargé de l'emploi, de la croissance, l'investissement et la compétitivité, Jyrki Katainen.

L'ancien Premier ministre finlandais, qui prendra ses fonctions le 1er novembre, estime que de nombreux pays ont trop réduit leurs investissements dans le cadre de leurs politiques d'assainissement budgétaire.

"Des pays comme l'Allemagne, qui ont des excédents au niveau des paiements courants, peuvent se permettre d'investir davantage, non seulement parce que cela stimulera l'économie de l'Union européenne, mais aussi qu'ils doivent faire attention à leur future croissance économique", a déclaré le futur vice-président dans un entretien accordé à Reuters en marge des réunions d'automne du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.

L'investissement en Allemagne baisse régulièrement depuis 20 ans. Il représentait environ 20% du produit intérieur brut (PIB) du pays à la fin des années 1990. Il n'en représente plus désormais qu'un peu plus de 17%, selon le groupe de réflexion Centre for European Reform. Mais l'Allemagne, qui a pour objectif d'équilibrer son budget fédéral, se montre réticente à accroître l'investissement public.

"Notre message est que les pays à excédent devraient investir dans leur avenir", déclare Katainen. Pour lui, l'investissement doit se porter avant tout sur la recherche et le développement et sur les infrastructures.

LA FRANCE DOIT "FAIRE PLUS"

La France et l'Italie doivent elles aussi faire plus en matière d'investissement public, estime Katainen, mais, à la différence de l'Allemagne, elles ne peuvent augmenter leurs emprunts pour atteindre ce but en raison du niveau élevé de leurs déficits et de leur endettement. Ces deux pays doivent simplement "donner la priorité" à l'investissement dans leurs budgets, dit-il.   Suite...