Bourse-Alcatel victime d'un regain d'aversion au risque

jeudi 9 octobre 2014 15h32
 

PARIS, 9 octobre (Reuters) - L'action Alcatel-Lucent accuse jeudi après-midi la plus forte baisse de l'indice CAC 40, un regain d'inquiétudes sur le marché entraînant une remontée du niveau de ventes à découvert (short selling) sur l'équipementier télécoms, dont le profil boursier est plus risqué que celui du marché.

A 15h30, le titre cède 4,71% à 2,10 euros, portant à 13% sa baisse en trois séances quand le CAC 40 perd respectivement 0,26% et 3%.

La valeur, revenue à son niveau de septembre 2013, enregistre également la plus mauvaise performance du secteur technologique européen, en hausse de 0,56%.

"Le niveau de short augmente depuis quelque temps sur Alcatel", commente un vendeur actions en poste à Paris.

Selon des données Markit, le niveau de ventes à découvert - titres qu'un investisseur ne détient pas encore mais dont il anticipe la baisse - est remonté, pour Alcatel-Lucent, à 11,25% du nombre total de ses titres en circulation, contre 10,7% au début du mois et 6,6% fin 2013.

Cela fait d'Alcatel-Lucent la troisième valeur la plus vendue à découvert du CAC 40, dont le niveau s'élève en moyenne à 2,65%.

"Le sentiment sur la valeur est redevenu négatif depuis peu de temps en raison d'un profil de risque plus élevé que celui du marché malgré des fondamentaux plutôt solides maintenant", observe un stratégiste parisien assurant que sur le long terme, le titre pourrait offrir un potentiel de hausse "intéressant" au regard des résultats attendus.

Le consensus Thomson Reuters I/B/E/S anticipe une baisse de 7% du chiffre d'affaires de l'équipementier télécoms cette année avant un rebond de 3,2% en 2015.

"Mais comme le marché est très averse au risque, les valeurs les plus risquées sont sanctionnées", ajoute le stratégiste.

Selon des données Thomson Reuters, Alcatel-Lucent affiche un coefficient bêta - qui mesure le risque d'un titre par rapport au marché ou à un indice de référence - très élevé de 1,78. (Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Pascale Denis)