Valls nie tout désaccord avec Hollande sur l'assurance chômage

jeudi 9 octobre 2014 12h31
 

VALENCIENNES, 9 octobre (Reuters) - Manuel Valls a nié jeudi toute divergence avec François Hollande sur une évolution des règles d'assurance chômage et exprimé sa détermination à poursuivre les réformes nécessaires à l'amélioration de la compétitivité de l'économie française.

Le Premier ministre a ouvert ces derniers jours un débat sur les règles d'indemnisation du chômage, irritant les syndicats, avant d'indiquer mercredi qu'il reviendrait aux partenaires sociaux de se saisir du sujet lors de la négociation prévue en 2016 d'une nouvelle convention d'assurance chômage.

En marge d'un sommet européen sur l'emploi mercredi à Milan, François Hollande a semblé prendre ses distances avec ce débat, déclarant : "Il y a suffisamment de sujets pour que nous soyons bien occupés et que nous montrions que nous faisons des réformes utiles à l'emploi. Nous ne faisons pas des réformes pour faire des réformes", avait-il ajouté.

Prié de dire s'il y avait un désaccord avec le chef de l'Etat sur le sujet, Manuel Valls a répondu : "Tout ça, c'est de la blague".

"La seule chose que je peux vous dire, et c'est ce que le président de la République a dit, il faut des réformes, ces réformes il faut les poursuivre, ces réformes elles ne s'arrêteront pas, parce que le pays a besoin de se réformer, de lever les blocages pour l'économie, la croissance, la compétitivité et l'emploi."

"Et ne cherchez pas des problèmes là ou il n'y en a pas. Les réformes, elles se poursuivront, c'est pour ça que j'ai été nommé Premier ministre, pas pour autre chose et croyez moi, je suis très déterminé à les poursuivre", a ajouté le premier ministre devant la presse à l'occasion d'un déplacement à Valenciennes.

Sur BFM TV et RMC, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a une nouvelle fois exclu jeudi de mettre sur la table la question d'une modification de l'indemnisation du chômage au moment où une nouvelle règle, celle des droits rechargeables pour les chômeurs, vient juste d'entrer en vigueur.

"Les règles, elles seront rediscutées en 2016 au moment où la convention arrivera à son terme", a-t-il dit avant de s'en prendre au secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, qui a estimé que les modalités actuelles pouvaient dans certains cas constituer un frein à la reprise du travail.

"M. Le Guen, il s'occupe de gouverner et ce sujet-là, il le laisse aux partenaires sociaux parce que c'est nous qui fixons les règles", a indiqué Laurent Berger, ajoutant : "C'est très dangereux ce qui se passe en ce moment, c'est très dangereux de pointer du doigt la responsabilité des chômeurs (...) les chômeurs, ils n'ont pas besoin d'être punis, ils ont besoin d'être aidés." (Julien Ponthus et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)