October 8, 2014 / 6:54 PM / in 3 years

LEAD 2-USA-La Fed se prépare à infléchir son discours

5 MINUTES DE LECTURE

* La Fed s'inquiète du ralentissement économique et du dollar fort

* Elle pourrait lier davantage la hausse des taux aux indicateurs

* Elle surveille de très près les anticipations des marchés (Complété avec précisions sur le dollar et la conjoncture mondiale, commentaires)

par Michael Flaherty et Jonathan Spicer

WASHINGTON/NEW YORK, 8 octobre (Reuters) - Le débat au sein de la Réserve fédérale sur la meilleure manière de préparer les marchés financiers à la remontée des taux s'est intensifié le mois dernier, plusieurs responsables craignant une mauvaise interprétation du discours actuel et prônant une approche davantage liée aux indicateurs économiques, montre le compte-rendu de la réunion des 16 et 17 septembre.

Le document publié mercredi montre aussi que la banque centrale est préoccupée par la hausse du dollar, le ralentissement de l'inflation et la conjoncture économique en Europe et en Asie, autant de facteurs qui plaident en faveur d'un maintien, pour l'instant, de la politique monétaire actuelle, très accommodante.

Il révèle que les membres du comité de politique monétaire s'inquiètent du risque de décalage entre les anticipations des marchés financiers et celles de la Fed elle-même, ce qui pourrait conduire à une mauvaise interprétation d'une modification éventuelle du discours actuel.

La publication du compte-rendu a en tout cas été saluée par Wall Street, où l'indice S&P-500 a terminé en hausse de 1,75%, sa plus forte hausse en pourcentage depuis près d'un an. Le dollar a quant à lui cédé du terrain tandis que les marchés à terme intégraient une première hausse de taux plus tardive qu'anticipé jusqu'à présent.

"La Fed est de plus en plus concentrée sur l'impact potentiel de la hausse du dollar sur l'économie au moment où la croissance mondiale commence à ralentir et sur les incertitudes supplémentaires que cela induit pour les perspectives économiques", constate Millan Mulrane, directeur adjoint de la recherche et de la stratégie de TD Securities.

Dans le communiqué publié le 17 septembre, le Federal Open Market Committee (FOMC) de la Fed a répété, comme il le fait depuis le mois de mars, que les taux devraient rester très bas pendant "une durée considérable" une fois que le programme actuel de rachats d'obligations en cours serait achevé, ce qui devrait être le cas dès ce mois-ci.

Interrogations

Le débat en cours suggère que le FOMC pourrait modifier son discours lors de sa prochaine réunion, les 28 et 29 octobre, afin de préciser les facteurs qui détermineront le moment à partir duquel elle pourrait commencer à relever ses taux, quasi-nuls depuis décembre 2008.

"Des interrogations ont été soulevées sur le fait que la référence à 'une durée considérable' dans les indications actuelles pourrait être mal interprétée et comprise comme un engagement et non comme liée à l'évolution des indicateurs", explique le compte-rendu de la réunion des 16 et 17 septembre.

Il montre que certains participants à la réunion ont dit préférer lier les indications données aux marchés sur la remontée des taux aux indicateurs économiques, même si cette évolution pouvait "présenter des difficultés en terme de communication" nécessitant "de la prudence pour éviter d'adresser des messages involontaires sur les perspectives de la politique du Comité".

Le compte-rendu montre aussi que "plusieurs" responsables de la banque centrale ont estimé que la hausse du billet vert pourrait se traduire par une diminution des anticipations d'inflation à plus long terme.

Depuis la réunion de septembre, certains responsables de la Fed ont souligné que l'appréciation du dollar risquait d'handicaper la reprise américaine. Même si le taux de chômage est revenu à 5,9% en septembre, l'inflation semble avoir ralenti récemment et mardi, le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale.

Certains membres du FOMC ont évoqué le niveau décevant de la croissance et de l'inflation dans la zone euro et plusieurs ont noté que "le ralentissement de la croissance économique en Chine ou au Japon et des événements inattendus au Moyen-Orient ou en Ukraine pourraient poser un risque similaire", explique le compte-rendu.

Pour Anthony Valeri, responsable de la stratégie d'investissement de LPL Financial, "la décélération de l'inflation depuis le printemps et le renforcement du dollar sont à prendre en compte et cela signifie peut-être que la Fed pourrait relever les taux plus tard qu'anticipé".

Pour l'instant, la Fed et Wall Street s'attendent à une hausse de taux autour de la mi-2015. (Marc Angrand pour le service français)

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