GRAPHES-Les réserves de change en euro réduites avec les taux négatifs

mercredi 8 octobre 2014 17h03
 

* Graphique sur les réserves de change mondiales:
    * link.reuters.com/jyx68s
    * Graphique sur les réserves de change des émergents:
    * link.reuters.com/peb85s
    * Graphique sur la composition des réserves de change:
    * t.co/Ylo8DSvxR0

    par Jamie McGeever
    LONDRES, 8 octobre (Reuters) - Le passage de certains taux
d'intérêt en territoire négatif au sein de la zone euro pousse
les banques centrales à revoir l'allocation géographique de
leurs réserves de change et le récent recul de la part de l'euro
pourrait marquer le début d'un mouvement plus large qui
accentuerait les pressions baissières sur la devise européenne.
    La réduction de leurs avoirs en euros dans leurs réserves de
change par les banques centrale au deuxième trimestre est la
plus importante constatée en près de deux ans, montrent des
données publiées la semaine dernière par le fonds monétaire
international. Des analystes estiment qu'elle a porté sur
l'équivalent d'environ 40 milliards de dollars après prise en
compte des effets de change et de valorisation.
    C'est un mouvement significatif, entièrement dû aux banques
centrales des pays émergents, qui pourrait ne pas en rester là
s'il est lié au passage de certains taux en territoire négatif
au sein de la zone euro, estiment-ils.
    Depuis la fixation par la Banque centrale européenne de son
taux de dépôt en dessous de zéro, les taux sur les bons du
Trésor à très court terme de pas moins de sept pays européens
sont aussi devenus négatifs.
    Cela se traduit par un coût pour les banques centrales qui
détiennent une partie de leurs réserves en euro.
    La part des quelque 12.000 milliards de dollars de réserves
de change des banques centrales détenue en euro est estimée 
24%, selon les dernières données disponibles, soit près de 3.000
milliards de dollars.
    Elle avait atteint un point haut à 28% en 2009 mais était
proche de son niveau actuel il y a dix ans. 
    Le recul intervenu au cours des cinq dernières années ne
signifie pas qu'il y ait eu des cessions nettes d'euro par les
banques centrales. 
    En termes nominaux, les montants d'euros achetés par les
banques centrales pour leurs réserves de change ont continué
d'augmenter mais en raison des effets de change et de
valorisation et de la diversification des réserves dans d'autres
devises, le poids relatif de la monnaie unique a diminué.
    La chute enregistrée au deuxième trimestre est en revanche
inhabituelle et montre selon des analystes que les taux négatifs
ont un impact significatif.
    Sur l'enveloppe des réserves détenues en euro, près de 1.000
milliards le sont sous forme de dépôts à très court terme, de
bons du Trésor ou d'obligations d'Etat d'échéance très
rapprochés, donc exposés aux taux négatifs, selon Nomura.
    "Même si 10% à 20% seulement de ses avoirs sont affectés, du
point de vue du change, nous parlons de flux d'environ 100 à 200
milliards d'euros", a déclaré Jens Nordvig, stratégiste change
de Nomura.
    "Cela pourrait donner le coup d'envoi à un important
rééquilibrage des réserves, qui exercerait une pression négative
durable sur l'euro", a-t-il ajouté.
    

 (Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique
Tison)