Russie-Lukoil, gêné par les sanctions, ouvre un champ en Sibérie

mercredi 8 octobre 2014 16h17
 

CHAMP DE IMILORSKOYE, Russie, 8 octobre (Reuters) - Le groupe russe Lukoil a ouvert mercredi un nouveau champ pétrolier en Sibérie avec six mois d'avance sur le calendrier prévu, avec l'objectif de soutenir une production en baisse et de mieux résister aux sanctions américaines liées à l'Ukraine.

Les Etats-Unis ont adopté en septembre des sanctions contre Lukoil et d'autres groupes énergétiques russes, empêchant les entreprises américaines de participer à leurs activités de prospection et de production en eaux profondes, dans l'offshore en Arctique et dans les schistes.

Les sanctions limitent également l'accès des groupes russes aux marchés de capitaux occidentaux.

"Le champ est ouvert, malgré les difficultés à lever des financements", a déclaré à la presse le directeur général Vagit Alekperov, venu inaugurer le champ enneigé d'Imilorskoye.

Les gisements d'Imilorskoye sont situés à 250 km de la ville de Kogalym. Les réserves de pétrole exploitables y sont évaluées à 194 milllions de tonnes (1,4 milliard de barils) et le champ devait initialement entrer en service en mars 2015.

La production devrait atteindre 200 tonnes de pétrole par jour cette année, puis entre 300.000 et 400.000 en 2015. Lukoil a produit 90,8 millions de tonnes de pétrole en 2013, un chiffre attendu stable pour cette année.

Le patron du deuxième producteur russe de pétrole a déclaré que la Russie avait besoin de temps et d'investissements pour remplacer les technologies occidentales désormais interdites à l'importation en raison des sanctions américaines et européennes liées au rôle de la Russie dans la crise en Ukraine.

Le vice-Premier ministre Arkadi Dvorkovitch, en charge de l'énergie et des matières premières, a affirmé que le gouvernement soutiendrait la construction de nouveaux oléoducs et les démarches auprès des banques, asiatiques notamment, pour obtenir des financements.

"Nous soutiendrons les entreprises (...) en travaillant avec les institutions financières qui ont résisté à la tentation d'imposer des sanctions, et surtout avec la République populaire de Chine", a-t-il dit. (Olesya Astakhova, Mathilde Gardin pour le service français, édité par Véronique Tison)