7 octobre 2014 / 06:28 / il y a 3 ans

LEAD 2-Glencore n'envisage plus une offre sur Rio Tinto

* Glencore a approché Rio Tinto en juillet

* Glencore n'envisage plus une offre sur Rio Tinto

* La baisse des cours du minerai de fer pousse à la concentration

* La Chine joue un rôle clé dans le dossier (actualisé avec Glencore)

par Sonali Paul

MELBOURNE, 7 octobre (Reuters) - Le géant britannique du négoce et des mines Glencore a confirmé mardi avoir été éconduit par son concurrent Rio Tinto , qu'il avait contacté en juillet pour le sonder sur un éventuel rapprochement.

"Glencore confirme qu'il n'envisage plus sérieusement une éventuelle opération de fusion avec Rio, ni une offre publique d'achat", lit-on dans un communiqué.

En vertu de la législation britannique sur les fusions et acquitions, le communiqué de Glencore signifie qu'il n'est plus en mesure de faire une offre pendant une période de six mois.

Rio Tinto avait annoncé dans la matinée avoir rejeté en août une offre de fusion de son concurrent coté à Londres, une opération qui aurait créé un géant du négoce et des mines pesant quelque 160 milliards de dollars (127 milliards d'euros) en Bourse, donc mieux armé pour résister à la baisse des cours du minerai de fer.

Il n'y a plus eu depuis de contact entre les sociétés sur le sujet, avait-t-il précisé.

Un rapprochement aurait donné naissance au numéro un mondial des mines devant un autre anglo-australien, BHP Billiton .

"Le conseil d'administration de Rio, après avoir consulté ses conseillers juridiques et financiers, a conclu à l'unanimité qu'un rapprochement n'était pas dans l'intérêt des actionnaires de Rio Tinto", a indiqué la société dans un communiqué adressé à la Bourse australienne.

L'action Rio Tinto a terminé en hausse de 4,31% à la Bourse de Sydney. L'action Glencore cédait près de 2% en fin de séance à Londres.

Rio Tinto a révélé cette approche après une dépêche de l'agence Bloomberg faisant état de discussions entre son premier actionnaire, le chinois Chinalco, qui détient 9,8% de son capital, et Glencore.

La dépêche affirmait que des contacts avaient eu lieu ces dernières semaines et que Glencore tâtait le terrain avec d'autres actionnaires de Rio Tinto tout en étudiant d'éventuels obstacles financiers et d'ordre réglementaire.

LE COURS DU MINERAI DE FER À UN PLUS BAS DE 5 ANS

Glencore, qui a acquis l'an dernier le groupe minier Xstrata pour 46 milliards de dollars, avait récemment exprimé son intérêt pour une fusion avec Rio Tinto, qui offrait l'avantage de produire à bas coût du minerai de fer de haute qualité, ont rapporté des sources bancaires.

Le minerai de fer est pour l'instant le point faible du portefeuille d'actifs miniers de Glencore, qui détient des positions solides dans le cuivre, le nickel, le zinc et le charbon.

Un rapprochement, estiment analystes et banquiers, se serait cependant heurté à d'importants obstacles allant de la prime exigée par les actionnaires de Rio Tinto aux conditions posées par la Chine en matière de cessions d'actifs dans le cuivre et le charbon, en passant par le risque de choc des cultures entre les deux groupes.

Les deux groupes doivent composer avec la chute des cours du minerai de fer, qui ont reculé à leur plus bas niveau depuis cinq ans en raison d'une forte augmentation de l'offre mondiale.

Le minerai de fer a généré 92% des bénéfices de Rio Tinto au premier semestre et, selon les analystes de Bernstein, Rio Tinto perd 1,5 milliard de dollar de capitalisation pour chaque dollar de baisse du prix du minerai de fer.

Face à cette évolution, Rio s'emploie à réduire ses coûts tout en continuant d'augmenter sa production de minerai, sans masquer le fait qu'il est largement dépendant de la croissance de la demande d'acier en Chine, croissance qui ralentit actuellement.

Pour Ric Ronge, gérant de portefeuille de Pengana Capital, note que Glencore n'a que l'embarras du choix en matière de croissance externe, de nombreux acteurs du secteur, comme Rio, BHP, Anglo American et Cliffs Natural Resources cherchant à céder des actifs.

"A l'évidence, ils aimeraient que ce soit dans le minerai de fer. Reste à savoir à quel prix", ajoute-t-il. (Danielle Rouquié, Marc Angrand et Mathilde Gardin pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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