La Finlande pourrait se rapprocher de la Russie dans le nucléaire

lundi 6 octobre 2014 16h34
 

HELSINKI/OSLO, 6 octobre (Reuters) - La Finlande envisage de se tourner vers la Russie pour la construction d'un réacteur nucléaire, une décision encouragée par les difficultés rencontrées avec le français Areva et l'allemand Siemens sur un autre projet.

Le consortium nucléaire finlandais Fennovoima prévoit de demander au russe Rosatom de lui fournir un réacteur de 1.200 megawatts pour Pyhajoki, dans le nord du pays. Rosatom prendrait en outre une participation dans un projet qui devrait coûter de 4 à 6 milliards d'euros.

Le projet d'alliance avec Rosatom, qui fera l'objet d'un premier débat au Parlement le 14 octobre, fait polémique au moment où l'Union européenne demande à ses membres de limiter leurs relations avec la Russie en raison du conflit ukrainien.

L'affaire a provoqué le mois dernier le départ du parti écologiste de la coalition au pouvoir à Helsinki.

Le Premier ministre finlandais Alexander Stubb s'est défendu face aux critiques en faisant valoir la nécessité pour son gouvernement de faire preuve de pragmatisme envers la Russie en raison des frontières et des liens commerciaux qui unissent les deux pays.

La décision de Fennovoima de se tourner vers Rosatom pour la centrale de Pyhajoki n'est pas sans rapport avec les déboires rencontrés par le consortium finlandais TVO avec le tandem Areva-Siemens pour un autre projet, le réacteur EPR Olkiluoto 3.

Les retards s'accumulent pour ce réacteur, dont la date initiale de mise en service avait été fixée à 2009 mais qui ne devrait pas commencer à fonctionner avant 2018.

Areva a publié en février dernier une nouvelle perte au titre de 2013, troisième année consécutive dans le rouge, ses comptes ayant encore été plombés par des provisions sur ce chantier.

(Jussi Rosendahl et Nerijus Adomaitis; Patrick Vignal pour le service français, édité par Véronique Tison)