La BCE divisée sur les modalités des achats d'ABS

lundi 6 octobre 2014 16h07
 

par Andreas Framke et Leigh Thomas et Philipp Halstrick

FRANCFORT/PARIS, 6 octobre (Reuters) - La décision sans précédent de la Banque centrale européenne (BCE) de recourir à une aide extérieure pour mettre en oeuvre son nouveau programme d'achats d'actifs sur les marchés financiers suscite des désaccords au sein de ses organes dirigeants.

Le président de l'institution, Mario Draghi, a détaillé jeudi dernier à l'issue du Conseil des gouverneurs certaines des modalités des achats d'obligations sécurisées et de prêts titrisés (asset-backed securities, ABS) qui doivent débuter d'ici quelques semaines.

Craignant apparemment que les banques centrales nationales ne disposent pas des compétences nécessaires pour gérer de telles opérations, la BCE prévoit de recourir à une banque ou un gestionnaire d'actif extérieur qui serait chargé de procéder à ces achats pour son compte, au moins dans un premier temps.

Mais au sein du Conseil des gouverneurs, les avis divergent sur ce point, comme sur le fond de la politique d'achats d'actifs.

Le président de la Bundesbank allemande, Jens Weidmann, n'a pas hésité à faire connaître sa réticence aux rachats d'ABS, estimant qu'ils reviendraient à transférer à la BCE, et in fine au contribuable, des risques supportés aujourd'hui par les banques. Plusieurs responsables politiques allemands ont également exprimé leur opposition.

D'autres, comme le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, sont en désaccord avec la manière dont la BCE entend procéder aux rachats, ont déclaré deux sources proches des discussions.

Christian Noyer est favorable au principe des rachats d'ABS mais il juge que les grandes banques centrales nationales sont parfaitement à même d'évaluer les actifs financiers concernés et d'intervenir directement sur le marché.

  Suite...