La BCE critiquée en Allemagne pour son plan de rachat d'actifs

dimanche 5 octobre 2014 16h04
 

par Michelle Martin

BERLIN, 5 octobre (Reuters) - La décision de la Banque centrale européenne de racheter des prêts titrisés pour relancer le crédit dans la zone euro passe mal en Allemagne auprès de la Bundesbank et de certains alliés conservateurs de la chancelière Angela Merkel.

Jeudi, au terme de sa réunion monétaire d'octobre, la BCE a annoncé son intention de racheter des prêts adossés à des actifs (asset-backed securities, ou ABS) dès ce dernier trimestre 2014, y compris en provenance de la Grèce et de Chypre, les deux pays de la zone euro dont la dette souveraine est notée en catégorie spéculative ("junk").

Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, a sonné la charge dimanche contre le risque d'acheter des "prêts titrisés de basse qualité" à des prix élevés dans le cadre de ce plan.

Les banques créent les ABS en mélangeant des prêts de diverses origines - prêts immobiliers et d'entreprises, crédits automobiles ou à la consommation - et en revendant ces produits à des assureurs, fonds de pension et, donc, à la BCE désormais.

"Les risques de crédit pris par les banques privées vont être transférés à la banque centrale et donc au contribuable sans qu'ils n'aient rien en retour", déplore le banquier central allemand - membre du conseil des gouverneurs de la BCE - dans les colonnes du magazine Focus.

"Cela va à l'encontre du principe de responsabilité qui est fondamental dans l'économie de marché : celui qui tire un bénéfice de quelque chose doit en assumer la perte s'il y a un développement négatif."

La crise financière mondiale a montré combien il était dangereux d'abandonner de principe, ajoute Jens Weidmann.

Le patron de la Buba met aussi en garde contre la dépréciation de l'euro : "Une politique qui cherche à affaiblir délibérément la monnaie peut aussi provoquer des contre-réactions. Au bout du compte, il n'y a que des perdants avec une dévaluation compétitive."   Suite...