Valls défend ses réformes à Londres, capitale du French bashing

dimanche 5 octobre 2014 12h57
 

PARIS, 5 octobre (Reuters) - Manuel Valls traverse la Manche dimanche pour défendre ses réformes économiques à Londres, un terrain difficile voire hostile pour le Premier ministre socialiste, la capitale financière de l'Europe étant aussi celle du "French bashing".

Son déplacement intervient alors que le directeur général du distributeur britannique John Lewis a déclenché un tollé en décrivant la France comme un pays à la situation désespérée, appelant les hommes d'affaires britanniques à en retirer le plus rapidement possible leurs investissements.

Il a par la suite présenté ses excuses.

Exaspéré par les "caricatures" et les "clichés" qui dépeignent une économie française droguée à la dépense publique et incapable de se réformer, le chef du gouvernement aura fort à faire pour retourner l'opinion de la City et du gouvernement du conservateur David Cameron.

Ce dernier s'était illustré après l'élection de François Hollande en promettant de dérouler le "tapis rouge" aux entreprises souhaitant fuir la pression fiscale française.

Deux semaines après avoir défendu son programme de réformes à Berlin, Manuel Valls doit convaincre la City que la France n'est pas l'homme malade de l'Europe, même si avec 0,4% de croissance escomptée en 2014, elle fait pâle figure à côté des 3,5% attendus au Royaume-Uni.

"Il y a une phase d'interrogation sur ce qui se passe en France, d'où la nécessité de faire ce travail d'explication et de conviction sur le sens de l'action que mène la France", explique-t-on dans son entourage, où l'on reconnaît la dureté de la tâche.

"On est assez lucide, on voit la presse européenne, le regard porté sur nous."

Outre des rencontres avec le Premier ministre britannique David Cameron et le chef de l'opposition travailliste Ed Miliband, Manuel Valls doit faire un discours très attendu au Guildhall, dans le coeur historique de la City.   Suite...