LEAD 1-Baisse de 50% des livraisons de gaz russe à la Slovaquie

mercredi 1 octobre 2014 17h52
 

PRAGUE, 1er octobre (Reuters) - La Slovaquie a enregistré une baisse de 50% des livraisons de gaz russe, a annoncé mercredi le Premier ministre slovaque Robert Fico. D'autres baisses ont été signalées ces dernières semaines, mais il s'agit de la plus importante à ce jour.

L'importateur tchèque RWE a également fait état d'une réduction du volume de gaz importé de Russie. Sans en préciser l'ampleur exacte, il ajoute qu'elle est inférieure à la baisse de 50% annoncée par le chef du gouvernement slovaque.

"En dépit de la situation, (l'opérateur slovaque) SPP garantit la poursuite du service à tous ses clients, des ménages aux grandes entreprises", a déclaré Robert Fico lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision.

"La partie russe parle de problèmes techniques, de la nécessité de stocker pour l'hiver. J'ai déjà employé cette expression et je le ferai encore : le gaz est devenu une arme politique", a-t-il ajouté.

La compagnie russe Gazprom s'est refusée à tout commentaire.

Le flux de gaz russe a diminué sans raison précise ces dernières semaines dans plusieurs Etats d'Europe centrale, dont la Pologne, la Roumanie et l'Autriche.

Gazprom n'en fournit plus à l'Ukraine depuis juin, en raison d'un contentieux concernant le tarif. La Slovaquie et la Pologne subviennent depuis à ses besoins en réexpédiant une partie de leurs propres importations.

Prié de dire si ces livraisons allaient se poursuivre, Robert Fico a assuré que Bratislava honorerait ses engagements.

La SPP a compensé la baisse du flux de gaz russe en procédant à des achats sur le marché "spot". Elle assure qu'ils lui permettront de répondre à la demande et de continuer à faire des réserves. Un milliard et demi de mètres cubes ont d'ores et déjà été stockés et l'opération se poursuivra jusqu'à la fin octobre, a-t-elle précisé.

Sur les marchés spot d'Europe centrale, le mégawatt-heure a dépassé les 25 euros, son cours le plus haut depuis le début de la crise ukrainienne, en février. (Jan Lopatka et Michael Kahn; Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le service français)