France-La croissance, priorité du budget 2015, devant le déficit

mercredi 1 octobre 2014 09h33
 

par Jean-Baptiste Vey

PARIS, 1er octobre (Reuters) - Le projet de budget de l'Etat pour 2015, présenté mercredi au conseil des ministres, met au second plan le redressement des comptes publics pour conforter l'objectif prioritaire du gouvernement : préserver la croissance et enrayer la hausse du chômage, coûteuse politiquement.

Pour y parvenir, l'exécutif baisse les prélèvements sur les entreprises et les ménages, à rebours du mouvement de hausse amplifié depuis l'élection de François Hollande, mais dans la droite ligne de la politique de compétitivité mise en oeuvre depuis avec le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE).

Comme le projet de budget de la sécurité sociale, qui sera présenté le 8 octobre au conseil des ministres, le texte sera regardé de près par la Commission européenne, qui dira en novembre si les choix de la France sont conformes aux règles européennes, en dépit d'une nouvelle violation par Paris de son engagement de ramener le déficit à 3% du PIB l'an prochain.

"Le rythme de consolidation budgétaire doit être adapté à la situation économique de la zone euro", marquée par la faible croissance et la faible inflation, a déclaré le ministre des Finances, Michel Sapin, en présentant mercredi le budget à la presse.

"Notre politique économique ne change pas mais le déficit se réduira plus lentement que prévu du fait des circonstances économiques", a-t-il ajouté, en soulignant que "la faible croissance masque en partie les résultats obtenus".

Confronté à la double panne de croissance et d'inflation, l'exécutif a renoncé à ramener le déficit public à la limite européenne de 3% fin 2015, ce qu'il s'était engagé à faire après avoir obtenu un délai de deux ans.

Le retour à 3% est désormais prévu fin 2017, soit après la prochaine élection présidentielle. (Voir la nouvelle trajectoire )

Le déficit public, qui comprend les comptes de l'Etat, les comptes sociaux et ceux des collectivités territoriales, ne devrait quasiment pas baisser l'an prochain, atteignant 4,3% du PIB, après un dérapage à 4,4% cette année au lieu des 3,8% prévus. En 2013, le déficit était de 4,1%.   Suite...