Inde-La banque centrale maintient ses taux, l'inflation inquiète

mardi 30 septembre 2014 10h43
 

MUMBAI, 30 septembre (Reuters) - La banque centrale indienne a, sans surprise, annoncé mardi le maintien de son principal taux directeur à 8%, tout en disant que des risques pesaient sur son objectif de ramener l'inflation à 6% d'ici janvier 2016.

"Les positions futures en matière de politique monétaire seront influencées par les projections de la Banque de réserve d'Inde en matière d'inflation par rapport à l'objectif à moyen terme (6% d'ici janvier 2016)", explique la banque centrale dans un communiqué.

En suggérant ainsi qu'une aucune baisse des taux ne sera décidée avant que l'objectif d'une inflation à 6% ne semble à portée de main, la banque centrale indienne vient renforcer l'engagement de son gouverneur, Raghuram Rajan, de privilégier la maîtrise de l'évolution des prix à la consommation.

Ces derniers ont enregistré plusieurs années de hausse à deux chiffres, qui ont pénalisé les classes les plus défavorisées du pays.

En août, l'inflation est ressortie à 7,8% sur un an, ce qui rend la banque centrale confiante en sa capacité à atteindre son objectif à court terme, à savoir une hausse des prix à la consommation de 8% en janvier.

Mais, dans un rapport séparé sur l'inflation, la banque centrale se montre préoccupée par le moyen terme, relevant des anticipations de hausses des prix élevées chez les ménages et un risque persistant de renchérissement des prix alimentaires.

Elle voit ainsi l'inflation revenir à 6% d'ici novembre avant une remontée à environ 8% entre janvier et mars, un effet de base favorable s'estompant rapidement.

"Il est surtout à noter que la banque centrale se focalise maintenant sur l'objectif d'inflation de 6% plutôt que celui de 8%", a déclaré Soumyajit Niyogi, analyste chez SBI DFHI Primary Dealership.

Le taux repo de la RBI est inchangé depuis janvier, mois lors duquel il avait été relevé d'un quart de point.

La banque centrale a également laissé inchangés ses ratios de liquidités et de réserves.

Une enquête menée la semaine dernière par Reuters a montré que la plupart des analystes n'attend pas de baisse des taux avant le deuxième trimestre 2015. (Suvashree Choudhury et Rafael Nam, Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Angrand)