L'Esma traque les rumeurs sur les "stress tests" bancaires

jeudi 25 septembre 2014 19h08
 

ROME/FRANCFORT, 25 septembre (Reuters) - L'Autorité européenne des marchés financiers (Esma) a demandé aux banques de la zone euro de traquer toute rumeur sur les résultats des tests de résistance que la Banque centrale européenne (BCE) leur fait subir, a-t-on appris de sources au fait du dossier.

L'Esma veut ainsi limiter au maximum toute rumeur sur l'état de santé des 131 banques de la zone euro qui passent les "stress tests" destinés à évaluer la solidité de leur bilan.

De telles fuites sur les marchés pourraient avoir un effet dévastateur sur les cours des établissements concernés.

Une phase de dialogue débute lundi entre les superviseurs de la BCE et les banques, auxquelles seront communiqués des résultats partiels et préliminaires de l'examen de leur bilans.

Les banques sauront alors si elles doivent améliorer leurs ratios de fonds propres ou prendre d'autres mesures de renforcement de leur bilan sans attendre la publication des résultats officiels des tests, attendue pour le 26 octobre selon des sources interrogées la semaine dernière par Reuters.

"L'ensemble des informations (que les banques recevront pendant les discussions) est basé sur des informations préliminaires et partielles", a déclaré à Reuters une porte-parole de la BCE. "Toute extrapolation quand au résultat final de l'exercice serait hautement spéculative".

Des fuites n'en sont pas moins vraisemblables, ce que l'Esma veut éviter. Elle a donc écrit le 9 septembre aux régulateurs nationaux pour leur demander de donner des consignes à leurs banques, qui devront enquêter elles-mêmes sur d'éventuelles rumeurs et s'engager formellement à ne laisser filtrer aucune information sur les marchés, ont précisé les sources.

L'autorité italienne de régulation, la Consob, a prévenu les banques italiennes la semaine dernière par un communiqué auquel Reuters a eu accès.

Les banques doivent tenter de vérifier toute rumeur concernant leurs résultats aux tests et communiquer publiquement si les rumeurs s'avèrent fondées, lit-on dans le communiqué.

Si la banque ignore une information à l'origine d'une rumeur la concernant, il appartiendra à la BCE et aux superviseurs nationaux de décider ou non de rendre cette information publique, dit encore le texte. (Stefano Bernabei et Eva Taylor,; Patrick Vignal pour le service français, édité par Marc Angrand)