GB-Un "hard Brexit" pourrait coûter 43 mds au secteur financier

mercredi 5 octobre 2016 12h09
 

LONDRES, 5 octobre (Reuters) - Le secteur financier britannique pourrait perdre jusqu'à 38 milliards de livres sterling (43,2 milliards d'euros) de revenus en cas de "hard Brexit", qui limiterait son accès au marché unique de l'Union européenne, selon un rapport publié mercredi.

Si les entreprises du secteur - banques de détail et d'investissement, gérants d'actifs et assureurs - perdaient l'accès au marché unique, 75.000 emplois pourraient disparaître et le manque à gagner de l'Etat en recettes fiscales pourrait se chiffrer à 10 milliards de livres, lit-on dans le rapport du cabinet de consultants Oliver Wyman.

Les conclusions du rapport en question, commandé par TheCityUK, principal groupe de pression du secteur financier, ont été soumises au Trésor et à d'autres ministères, selon des sources au fait des discussions.

Le secteur financier britannique représente un chiffre d'affaires annuel de 190 à 205 milliards de livres, emploie environ 1,1 million de personnes et paie chaque année de 60 à 67 milliards de livres d'impôts, toujours selon le rapport.

Theresa May a annoncé dimanche que la Grande-Bretagne invoquerait l'article 50 du Traité européen avant la fin mars 2017 tout en écartant l'idée de choisir entre un "soft Brexit", basé sur des concessions mutuelles, et un "hard Brexit" marquant la rupture avec le marché unique de l'Union européenne.

Le rapport précise les conséquences de deux hypothèses. Dans le pire des cas, celui du "hard Brexit", le marché unique est définitivement fermé et les banques accusent un manque à gagner de 32 à 38 milliards de livres, tandis que 65.000 à 75.000 emplois se retrouvent sur la sellette.

En revanche, si Londres conserve l'accès à l'Espace économique européen (EEE) dans des conditions identiques à ce qu'elles sont actuellement, les pertes d'emplois pourraient se limiter à 4.000 et le manque à gagner à deux milliards de livres. (Andrew MacAskill; Patrick Vignal pour le service français)