4 octobre 2016 / 08:42 / il y a 10 mois

RPT-LEAD 3-France-Un plan à 570 millions d'euros pour sauver Alstom-Belfort

(Bien lire autorité administrative et non unité, § 7)

* L'Etat va acheter pour 500 millions d'euros de rames TGV

* Alstom investira 70 millions d'euros à Belfort

* Syndicats et élus locaux satisfaits mais prudents

par Gilbert Reilhac

BELFORT, 4 octobre (Reuters) - La perspective d'une fermeture du site historique d'Alstom à Belfort s'est éloignée mardi avec la promesse de l'Etat et la SNCF d'anticiper des commandes de rames TGV ainsi que celle du groupe d'y développer la maintenance.

Outre l'accélération de commandes en discussion, l'Etat et Alstom mettent sur la table environ 570 millions d'euros de plus en achat de rames TGV (15) et en investissements pour assurer la pérennité d'un site dont la direction du groupe avait annoncé le 7 septembre le transfert d'ici deux ans en Alsace.

Les mesures annoncées sur place par le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, aux syndicats d'Alstom et aux élus locaux en présence du PDG du groupe, Henri Poupart-Lafarge, préservent les 400 postes directement en jeu, en pleine campagne électorale pour l'élection présidentielle de 2017.

Le gouvernement et le PDG annoncent dans une déclaration commune la commande par l'Etat de 15 rames de TGV Euroduplex pour la ligne Intercités Bordeaux-Marseille, en anticipation de la transformation des tronçons Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Perpignan en lignes à grande vitesse (LGV) en 2025-2030.

Ces rames duplex de dernière génération intègrent des équipements de signalisation et de traction compatibles avec les autres réseaux européens. Cette commande évaluée à 500 millions n'affectera le budget de l'Etat qu'en 2021, date prévue pour leur livraison, a précisé Christophe Sirugue.

Cette commande s'inscrit dans le cadre d'un contrat cadre signé le 27 juin 2007 par Alstom et la SNCF, ce qui exonère l'Etat de passer par un appel d'offres.

CENTRE DE MAINTENANCE

"L'Etat, parce que c'est une autorité organisatrice pour une partie des lignes, est en droit d'acheter des trains qu'il met ensuite à la disposition d'un exploitant quel qu'il soit, en l'occurrence la SNCF", a expliqué à Reuters le ministre des finances, Michel Sapin.

La SNCF confirme pour sa part la commande de six rames TGV pour la ligne Paris-Turin-Milan et de 20 locomotives de secours pour les trains en panne.

"L'ensemble de ces commandes permettront de maintenir l'expertise et la compétence industrielle du site de Belfort", lit-on dans la déclaration commune Sirugue-Poupart-Lafarge.

Quelque 70 millions d'euros seront par ailleurs investis au cours des prochaines années à Belfort, pour assurer l'avenir du site et la diversification de ses activités.

Alstom et l'Etat en consacreront 30 au développement du TGV du futur, dont les premiers exemplaires seront produits à partir de 2021. Le groupe en investira 30 autres pour développer une nouvelle plateforme de locomotive de man÷uvre diesel ou hybride.

Alstom dépensera par ailleurs cinq millions d'euros pour faire du site le centre européen de référence de la maintenance des locomotives du groupe, qui emploiera 150 personnes à terme et cinq autres pour développer de nouveaux types de véhicules, en particulier des autobus électriques.

"Ça peut être des activités ferroviaires mais aussi du domaine du non ferroviaire et notamment du bus, et pourquoi pas du bus électrique", a dit Henri Poupart-Lafarge.

Les collectivités locales participeront pour leur part à hauteur d'un million d'euros à la modernisation du site.

"ON NOUS A ENTENDUS"

L'Etat confirmera enfin avant novembre prochain la commande de 30 rames Intercités, ce qui "permettra de conforter le site Alstom de Reichshoffen", lit-on encore dans la déclaration.

Ces annonces ont été accueillies avec satisfaction par les salariés réunis devant la préfecture de Belfort, où avait lieu la réunion.

"On nous a entendus", a résumé Claude Mandart, coordinateur CFE-CGC, selon qui les mesures annoncées donnent une visibilité de "trois ans, voire quatre ans", au site de Belfort, "ce qui va permettre de faire la jonction avec le TGV du futur".

"Ces différentes commandes vont nous permettre de lancer de nouvelles activités sur le site de Belfort", s'est de son côté félicité Henri Poupart-Lafarge, selon qui ce plan bénéficiera à l'ensemble des usines du groupe.

Un comité de suivi de la mise en ÷uvre des engagements pris sera constitué. Les syndicats ont obtenu qu'une première réunion se tienne avant l'élection présidentielle du printemps 2017.

Le député-maire de Belfort Les Républicains, Damien Meslot, s'est dit "satisfait mais prudent".

"Sur la diversification, on n'a rien de concret et un investissement de cinq millions d'euros pour développer un nouveau bus électrique, c'est quand même peu", a-t-il déclaré.

"La question qu'on se pose, c'est 'tout ça pour ça ?' On peut se demander pourquoi on a annoncé la fermeture du site d'Alstom alors qu'il restait deux ans de carnet de commandes. On a un peu l'impression qu'il y a eu un bras de fer entre la direction d'Alstom et les pouvoirs publics", a ajouté l'élu. (Avec Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou à Paris, édité par Yves Clarisse)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below