France-L'UE accordera un nouveau délai sur le déficit, dit Sarkozy

dimanche 2 octobre 2016 23h00
 

PARIS, 2 octobre (Reuters) - Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite pour l'élection présidentielle de 2017, pense pouvoir obtenir de l'Union européenne sans "aucune difficulté" un nouveau délai pour ramener le déficit public de la France à moins de 3% de son produit intérieur brut (PIB), dans un entretien à paraître lundi dans Le Figaro.

La réglementation européenne exige que les pays membres de l'UE maintiennent leur déficit public sous la barre des 3% du produit intérieur brut (PIB). La France a obtenu en mars 2015 de ses partenaires européens un délai supplémentaire de deux ans pour se conformer à cet objectif, qu'elle doit donc atteindre avant la fin 2017.

L'ancien chef de l'Etat a déjà annoncé son intention de s'affranchir de cet engagement. Dans l'interview au Figaro, il précise que son programme, qui combine 100 milliards d'euros de réduction de la dépense publique sur le quinquennat à une baisse des impôts de 40 milliards d'euros, permettra à la France d'obtenir un nouveau délai.

"À partir du moment où toutes les mesures d'économies auront été votées sous trois mois et qu'elles s'accompagneront simultanément d'une baisse des impôts et d'une réforme du marché du travail qui répondront totalement au blocage français en matière de croissance, nous n'aurons aucune difficulté à ce qu'ils acceptent que nous repassions sous la barre des 3% en 2019, pour renouer avec l'équilibre à la fin du quinquennat", indique Nicolas Sarkozy.

"J'ai une grande expérience des négociations européennes et je peux vous garantir que nos partenaires attendent de la France qu'elle ait une stratégie globale, permettant non seulement de réduire les déficits mais aussi de renouer vite avec la croissance et la baisse du chômage", ajoute-t-il.

Le projet de loi de finances pour 2017 présenté mercredi par le gouvernement réaffirme l'objectif d'un déficit public à 2,7% du produit intérieur brut (PIB) de la France, malgré les réserves émises par le Haut conseil des finances publiques (HCFP).

Mais "les recettes sont surestimées, les dépenses sous-estimées" dans ce texte et "le prochain président de la République, quel que soit son nom, héritera d'un déficit largement supérieur à 3% du PIB en 2017", estime Nicolas Sarkozy.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, le socialiste français Pierre Moscovici, a répété à plusieurs reprises ces derniers mois qu'il n'y aurait pas de nouveau délai. (Myriam Rivet, édité par Danielle Rouquié)