LEAD 1-Espagne-Croissance stable et portée par les ménages

jeudi 26 mai 2016 12h05
 

(Actualisé avec précisions sur la consommation, l'investissement)

MADRID, 26 mai (Reuters) - Les dépenses des consommateurs, que la forte incertitude politique ne semble pas décourager, ont soutenu la croissance de l'économie espagnole au premier trimestre, selon les statistiques définitives officielles publiées jeudi.

L'économie a crû de 0,8% au premier trimestre par rapport aux trois mois précédents, au même rythme que les deux trimestres précédents, a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (INE), confirmant sa première estimation.

Sur une base annuelle, la croissance a été de 3,4% au premier trimestre, ce qui confirme là encore l'estimation initiale, après 3,5% au dernier trimestre de l'an dernier.

Les Espagnols se rendront aux urnes le 26 juin après un scrutin qui a produit le 20 décembre le résultat le plus fragmenté depuis le retour de l'Espagne à la démocratie, mettant fin à l'alternance traditionnelle entre le Parti populaire (PP) du président du gouvernement espagnol sortant, Mariano Rajoy, et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).

La crainte que l'économie ne soit freinée si l'impasse politique se prolonge n'a pas empêché les Espagnols de dépenser encore plus qu'au quatrième trimestre, ce qui laisse penser que la reprise reste vigoureuse après des années de récession.

Toutefois, la Banque d'Espagne a fait savoir mercredi que l'activité ralentissait peut-être légèrement au deuxième trimestre et des enquêtes ont montré que la confiance du consommateur faiblissait.

Une amélioration du marché du travail a relancé la consommation, même si le taux de chômage reste à 21%, le plus élevés d'Europe à l'exception de la Grèce.

Le rythme de croissance de l'investissement manufacturier a légèrement ralenti au premier trimestre, selon les chiffres de l'INE, à 10% sur un an, contre 11% au trimestre précédent.

Malgré cela, la croissance du produit intérieur brut en Espagne devrait connaître l'un des rythmes les plus soutenus d'Europe cette année, à 2,7%, selon le gouvernement intérimaire.

La faiblesse de l'inflation et des prix de l'énergie a dopé le pouvoir d'achat des Espagnols ces derniers mois mais les salaires sont en baisse et, malgré l'amélioration du marché du travail, une bonne partie des emplois créés sont temporaires. (Sarah White, Wilfrid Exbrayat et Juliette Rouillon pour le service français)