Les sidérurgistes appellent le G7 à les protéger contre la Chine

mercredi 25 mai 2016 15h42
 

BRUXELLES, 25 mai (Reuters) - Douze fédérations sidérurgiques ont appelé le Groupe des Sept, qui se réunit cette semaine au Japon, à empêcher les importations à bas prix d'acier chinois de créer des distorsions de concurrence sur le marché mondial.

Les producteurs d'acier ont été sévèrement touchés par la chute des prix, attribuée par l'Europe et les Etats-Unis aux importations massives en provenance de Chine, qui s'ajoute à l'effondrement de la demande après la crise économique mondiale.

Ces difficultés ont notamment débouché sur l'annonce par Tata Steel en mars de la cession de toutes ses installations au Royaume-Uni, lourdement déficitaires. Les dirigeants britanniques s'efforcent depuis de sauver les milliers d'emplois menacés par cette décision.

Le gouvernement américain a déjà fait savoir que les dirigeants du G7 évoqueraient les moyens de réduire les surcapacités industrielles mondiales, et notamment l'excédent de production d'acier existant.

Des lettres ouvertes, publiées mercredi, de 12 fédérations de l'industrie sidérurgique et d'autres producteurs, aux dirigeants des économies avancées appellent le G7 à aborder la question des mesures à prendre contre les pays qui ne respectent pas les règles des économies de marché, notamment la Chine, et à agir contre la surproduction mondiale d'acier.

"Si la surcapacité mondiale née des activités non rentables d'entreprises soutenues par l'Etat se prolonge, elle menacera la survie de sociétés rentables qui opèrent dans des environnements avec peu ou pas de soutien de l'Etat", a déclaré Axel Eggert, directeur général de la fédération européenne de l'acier, Eurofer, dans un communiqué envoyé par messagerie électronique.

Le 12 mai, le Parlement européen s'est opposé, à une très large majorité, à ce que l'Union européenne reconnaisse à la Chine le statut d'économie de marché et réduise ainsi ses capacités de lutte antidumping.

La Chine estime pour sa part qu'elle a droit à ce statut après 15 ans au sein de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) et qu'elle est accusée à tort d'être responsable de la crise de l'acier par ces nations qu'elle juge protectionnistes. (Barbara Lewis, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)