La BCE entamera prudemment ses achats de dette d'entreprise

mercredi 25 mai 2016 12h51
 

par Balazs Koranyi et Francesco Canepa

FRANCFORT, 25 mai (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a l'intention de démarrer en douceur ses achats d'obligations d'entreprise le mois prochain, avec pour objectif d'attirer de nouveaux émetteurs avant de porter très progressivement le montant mensuel de ses achats entre cinq et dix milliards d'euros, a-t-on appris de plusieurs sources de banques centrales.

Les obligations "corporate" notées en catégorie d'investissement (investment grade, IG) doivent s'ajouter en juin à l'éventail d'actifs que la BCE rachète dans le cadre de son programme d'assouplissement quantitatif (quantitative easing, QE) de 1.740 milliards d'euros, censé soutenir la croissance dans la zone euro en réduisant le coût du crédit.

La difficulté est que le marché concerné, évalué à 600 milliards d'euros, est constitué en majorité de grandes entreprises françaises et néerlandaises qui disposent déjà d'un accès facile au crédit.

La BCE compte toutefois sur un effet de cascade qui bénéficierait au final aux emprunteurs de plus petite taille, pour lesquels l'accès aux financements reste problématique.

Ce processus prendra forcément du temps, raison pour laquelle la BCE n'augmentera ses achats que graduellement et ne fixera aucun objectif chiffré, ont dit à Reuters sept sources impliquées dans les discussions en cours ou proche de celles-ci.

"Il pourrait y avoir d'importantes fluctuations en termes d'achats mais si nous parvenons à favoriser les émissions, cela permettra naturellement d'assouplir le marché", a dit l'une de ces sources.

Les obligations françaises et néerlandaises, qui représentent 57% des titres éligibles au nouveau programme selon Fitch Ratings, seront les premières concernées au début de la mise en oeuvre du nouveau programme, ont ajouté les sources. Mais la banque centrale espère pouvoir étendre ses achats à des titres d'autres pays, comme l'Espagne et l'Italie.

Elle souhaite aussi encourager les entreprises de taille moyenne, qui se financent majoritairement par le recours à l'emprunt bancaire, à émettre des obligations, ce qui permettrait de libérer des liquidités et d'inciter les banques à se tourner vers des entreprises plus petites.   Suite...