LEAD 1-Le FMI plaide pour des objectifs moins ambitieux pour la Grèce

lundi 23 mai 2016 21h42
 

(Actualisé avec des précisions, citations)

WASHINGTON, 23 mai (Reuters) - Le Fonds monétaire international (FMI) juge dans un rapport publié lundi que les objectifs en terme d'excédent budgétaire et de croissance assignés à la Grèce en échange d'un plan d'aide international ne sont pas réalistes.

Peu de pays ont réussi pendant longtemps à maintenir un excédent budgétaire primaire de 3,5% et la volonté politique fait défaut pour mettre en oeuvre les mesures nécessaires pour y parvenir, fait valoir le FMI dans son analyse sur la viabilité de la dette.

L'institution de Washington, dont le rapport paraît à la veille d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) sur la question de la dette grecque, juge plus raisonnable un objectif à long terme d'un excédent budgétaire de 1,5% du produit intérieur brut.

Le FMI plaide depuis longtemps pour un aménagement de la dette grecque, se heurtant sur ce point à plusieurs membres de la zone euro, Allemagne en tête.

Dans son analyse, le Fonds recommande de boucler avant 2018 le volet allègement de la dette. Il voit dans un tel allègement "sans conditions", un "signal fort et crédible envoyé aux marchés quant à l'engagement des bailleurs de fonds à assurer une gestion durable de la dette, ce qui en soi pourrait contribuer à abaisser les coûts de financement sur les marchés".

L'Allemagne veut au contraire repousser toute décision à ce sujet jusqu'au terme du programme de renflouement de la Grèce, en 2018.

Le Parlement grec a adopté dimanche une loi alourdissant la fiscalité, libéralisant la vente des prêts bancaires douteux et créant un nouveau fonds de privatisation pour convaincre ses créanciers de débloquer une nouvelle tranche d'aide et d'entamer les négociations sur l'allègement de la dette.

L'Eurogroupe de mardi a pour objet d'examiner si la Grèce remplit les conditions qui lui ont été fixées. Une réponse positive permettrait le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide de 10 milliards d'euros.

Le FMI réclame un "reprofilage important" des prêts européens, en particulier un taux d'intérêt bas de 1,5% jusqu'en 2040 et estime que prolonger les échéances de 30 ans au plus pourrait réduire les besoins de financements bruts de 7% du PIB d'ici 2060. Reporter les paiements au-delà de 2040 pourraient réduire ces besoins de financements bruts dans une proportion supplémentaire de 17% du PIB. (Jason Lange et David Lawder; Patrick Vignal et Wilfrid Exbrayat pour le service français)